La mémoire collective formelle et informelle – 5ème séminaire MOTI

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La mémoire collective formelle et informelle – 5ème séminaire MOTI

Le séminaire MOTI (Mémoire Orale Territoriale et Immigration) cherche à éclairer les interactions mémorielles entre autochtones et allochtones sur un territoire partagé (Alès, Cendras, la Grand-Combe)
Dans ce cadre, le CMLO a organisé un séminaire mensuel. Au cours de ce séminaire, nous tentons de faire le point sur les outils théoriques, sur les références bibliographiques, sur les études en cours qui concernent notre sujet, et nous élaborons des fiches de missions pour organiser des enquêtes directes sur le territoire concerné.
Lors des 4 premières rencontres de ce séminaire et lors du colloque d’avril 2006, nous avons jeté les bases de notre travail. Avec ce 5ème séminaire, nous entrons dans la phase active qui  amorcera les débuts des recherches de terrain.

Cette cinquième rencontre se propose d’’explorer la relation que les migrants entretiennent avec les mémoires collectives autochtones. Comment s’y inscrivent-ils et qu’elle conscience ont-ils de ce qui est en jeu ?
Une autre interrogation sera à construire sur la relation que les migrants ont avec la mémoire collective propre à leur territoire d’’origine et sur leur façon de l’’exprimer au sein de leur communauté et avec les autochtones. Comment les rituels propres à ces mémoires sont-ils maintenus ou pas ?
Quelles sont les conséquences du maintien ou du non maintien d’une mémoire collective communautaire ?

Quelle conscience les autochtones ont-ils de l’’importance d’une mémoire collective pour eux et pour les migrants ?
Une mémoire collective commune entre autochtone et allochtone existe-t-elle ?

 

 

 

Extrait de l’’article : La construction de la mémoire collective. Du franquisme à la démocratie par José Vidal-Beneyto in Diogène n° 201, Janvier-Mars 2003

La mémoire collective d’’une communauté, d’’une période de son histoire, ou d’’un événement concret, consiste dans l’’ensemble des représentations majoritairement partagées par ceux qui créent cette histoire : des individus et des groupes. Ces représentations s’organisent autour d’’un axe principal qui leur confère un sens leur permettant de fonctionner comme fondement de la communauté concernée. Cette condition fondatrice de la mémoire sur laquelle a déjà insisté Maurice Halbwachs dans son œoeuvre pionnière « La mémoire collective  » le fait  de sauver le passé de l’’oubli et de l’’instituer comme référent de l’’identité communautaire, transforme le rappel en un impératif de survie dont la condition éthique et la portée collective font du devoir de mémoire « une pratique nécessaire à toute affirmation d’’appartenance à un groupe ».
Or, la mémoire collective n’’est pas une production sociale spontanée, ni la conséquence hasardeuse d’’une conjonction fortuite de facteurs divers, mais le résultat d’’une série de pratiques sélectives, exercée de manière expresse et/ou implicite, par ceux à qui l’on reconnaît la légitimité de les réaliser : les protagonistes politiques et sociaux, les historiens, les analystes. De ce fait, l’’étude de la mémoire collective, comme le mentionne Jean Viard , ne consiste pas tant dans l’’action de préciser et de vérifier les faits de la mémoire recueillie «  que dans l’’exploration de la construction de ces mêmes faits, des éléments qui les composent et des modalités de leur organisation, car si la mémoire est sélective, cette sélectivité n’est pas due à des carences dans la mémorisation de leur orientation spécifique ». Pour Halbwachs, cette capacité d’’orientation dérive de la vocation de symbolisation de la mémoire, qui ne retient des faits que ceux ayant une valeur de symboles, ou, selon Jean Viard, « ceux qui sont porteurs de significations particulières que le groupe veut reconnaître comme lui appartenant en propre » ; c’est-à-dire qui définissent son identité collective.
Pour cette raison, un tel processus sélectif préfère les faits, les descriptions, les jugements et les acteurs sur lesquels s’appuient les représentations, qui en sont les composants les plus substantiels, la structure et la hiérarchie, en fonction des options et des intérêts de la classe dirigeante qui essaie de les imposer comme bases de son identité collective, comme matériaux de son existence commune. Parce que comme le souligne avec perspicacité Alain Clémence , les données, « avant  même que d’’être organisées par l’’appareil cognitif, sont ce qu’elles sont en vertu du contexte intellectuel où elles émergent et que de ce fait, celles auxquelles la mémoire à un accès direct sont les données qui correspondent à la pensée dominante». De telle sorte que mémoire, identité et domination constituent le noyau central d’un même univers.
Mais la mémoire collective ne « sert pas seulement à établir l’’identité de chaque groupe, elle est l’’instrument politique qui contribue à fixer les relations de pouvoir entre eux »  D’’où l’’inévitable conflit entre les mémoires dans toutes les communautés, qui fait de l’’excellente monographie de Rousso  sur les mémoires partisanes », proliférant dans l’’historiographie française depuis la Deuxième Guerre mondiale, un exemple instructif. Pour la prévalence définitive des unes sur les autres, le processus de leurs constructions respectives (avec la fonction que remplit, d’’une part, la sélection/objectivation/symbolisation des faits et, d’autre part, la légitimation des discours de remémoration) est absolument déterminant. En particulier, en cas de recours à des instances de légitimation étrangères et extérieures au groupe même.

Pour aller plus loin

Détails

Début :
28 septembre 2006
Fin :
29 septembre 2006
Catégories d’Évènement:
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Évènement Tags:
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Lieu

Locaux du CMLO, 4 bvd Gambetta, Alès
4, boulevard Gambetta
Alès, 30100 France

Organisateur

CMLO
Téléphone :
04 66 56 67 69
E-mail :
isabelle.cerrito@euroconte.org
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