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	<title>Archives des Contes merveilleux - Euroconte</title>
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	<title>Archives des Contes merveilleux - Euroconte</title>
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		<pubDate>Fri, 22 Aug 2025 14:53:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La fiancée substituée (ATU 403)  ATU 403 Image (a Vieille femme grotesque peinte par Quentin Metsys vers 1513 )   HISTOIRED'UNE JOLIE FILLE Conte bordelais Dans  les environs de Bordeaux, vivaient autrefois un veuf et une veuve. Ils se marièrent ensemble. Le mari, qui s'appelait Jean-Pierre, avait une fille fort jolie et un  [...]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div class="fusion-fullwidth fullwidth-box fusion-builder-row-1 fusion-flex-container nonhundred-percent-fullwidth non-hundred-percent-height-scrolling" style="--awb-border-radius-top-left:0px;--awb-border-radius-top-right:0px;--awb-border-radius-bottom-right:0px;--awb-border-radius-bottom-left:0px;--awb-margin-top:0px;--awb-flex-wrap:wrap;" ><div class="fusion-builder-row fusion-row fusion-flex-align-items-flex-start fusion-flex-content-wrap" style="max-width:1456px;margin-left: calc(-4% / 2 );margin-right: calc(-4% / 2 );"><div class="fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-0 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-flex-column" style="--awb-padding-top:20px;--awb-padding-right:40px;--awb-padding-bottom:20px;--awb-padding-left:40px;--awb-overflow:hidden;--awb-bg-color:#d0cfbf;--awb-bg-color-hover:#d0cfbf;--awb-bg-size:cover;--awb-border-color:#7f8291;--awb-border-right:1px;--awb-border-bottom:1px;--awb-border-left:1px;--awb-border-style:solid;--awb-border-radius:0px 0px 10px 10px;--awb-width-large:100%;--awb-margin-top-large:0px;--awb-spacing-right-large:1.92%;--awb-margin-bottom-large:0px;--awb-spacing-left-large:1.92%;--awb-width-medium:100%;--awb-order-medium:0;--awb-spacing-right-medium:1.92%;--awb-spacing-left-medium:1.92%;--awb-width-small:100%;--awb-order-small:0;--awb-spacing-right-small:1.92%;--awb-spacing-left-small:1.92%;"><div class="fusion-column-wrapper fusion-column-has-shadow fusion-flex-justify-content-flex-start fusion-content-layout-column"><div class="fusion-title title fusion-title-1 fusion-title-text fusion-title-size-three" style="--awb-margin-bottom:30px;--awb-sep-color:#dbdbdb;--awb-font-size:20px;"><div class="title-sep-container title-sep-container-left fusion-no-large-visibility fusion-no-medium-visibility fusion-no-small-visibility"><div class="title-sep sep-single sep-solid" style="border-color:#dbdbdb;"></div></div><span class="awb-title-spacer fusion-no-large-visibility fusion-no-medium-visibility fusion-no-small-visibility"></span><h3 class="fusion-title-heading title-heading-left" style="margin:0;font-size:1em;"><p><strong>La fiancée substituée</strong> (ATU 403)<strong><br />
</strong></p></h3><span class="awb-title-spacer"></span><div class="title-sep-container title-sep-container-right"><div class="title-sep sep-single sep-solid" style="border-color:#dbdbdb;"></div></div></div><div class="fusion-text fusion-text-1" style="--awb-font-size:18px;--awb-text-transform:none;"><p><strong>ATU 403</strong></p>
<p><strong>Image (</strong>a <em>Vieille femme grotesque </em>peinte par Quentin Metsys vers 1513 )</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>HISTOIRED&rsquo;UNE JOLIE FILLE</strong></p>
<p>Conte bordelais</p>
<p>Dans  les environs de Bordeaux, vivaient autrefois un veuf et une veuve. Ils se marièrent ensemble. Le mari, qui s&rsquo;appelait Jean-Pierre, avait une fille fort jolie et un garçon charmant.</p>
<p>Sa femme, la Bernarde, n&rsquo;avait qu&rsquo;une fille, mais si laide qu&rsquo;aucun garçon ne lui faisait la cour et ne la désirait pour femme.</p>
<p>La marâtre était fort jalouse et ne pouvait voir, sans dépit, sans colère, les beaux enfants de son mari.</p>
<p>Un jour, Robert, le fils de Jean-Pierre, dit à son père&nbsp;:</p>
<p>— <em>Je ne veux plus rester à la maison. Je suis trop malheureux. Il n&rsquo;est pas de jour, où celle que vous m&rsquo;avez donné pour mère, ne me fasse souffrir. Je vais aller de ville en ville pour chercher du travail.</em></p>
<p>Il part, et après avoir longtemps voyagé, couru maintes aventures, il entre dans une grande ville. Un magnifique château s&rsquo;offre à sa vue. Il frappe à la porte. C&rsquo;était le palais du roi.</p>
<p><em>— Que désirez-vous&nbsp;?</em></p>
<p><em>— Je demande de l&rsquo;ouvrage.</em></p>
<p>On le conduisit devant le roi, un brave homme de roi, très accueillant pour les petites gens.</p>
<p>Le roi, frappé de sa beauté, le prend à son service, en fait son valet de chambre. Il le voyait à toute heure, et, plus il le regardait, plus il le trouvait charmant et distingué.</p>
<p><em>— Sire, lui dit-il un jour, ma soeur est encore plus belle que moi.</em></p>
<p><em>— Va me la chercher, répondit le roi.</em></p>
<p>Robert obéit. Le lendemain il était rendu chez son père.</p>
<p><em>— Je viens chercher ma soeur. C&rsquo;est l&rsquo;ordre du roi.</em></p>
<p><em>— Ta soeur n&rsquo;ira point toute seule avec toi. Il y a trop de dangers,</em></p>
<p>répondit la marâtre. Je vous accompagnerai.</p>
<p>Jeannette &#8211; c&rsquo;était le nom de la jolie fille — se para de ses plus beaux atours. Elle était plus belle que le soleil. On ne pouvait la voir  Sans l&rsquo;admirer, ni sans l&rsquo;aimer, car elle était bonne et douce.</p>
<p>Les voilà partis tous les trois.</p>
<p>En route, les deux femmes s&rsquo;arrêtèrent sur le bord d&rsquo;un ruisseau, tandis que Robert continuait sa route vers le château. C&rsquo;était au mois de juin, et il faisait chaud. L&rsquo;eau était claire, unie comme un miroir, et Jeannette contemplait son image sur la calme surface de l&rsquo;eau. Tout à coup, une voix se fait entendre.</p>
<p><em>— Que dit cette voix&nbsp;? dit Jeannette.</em></p>
<p><em>— N&rsquo;entendez-vous point&nbsp;? répondit la Bernarde, c&rsquo;est votre frère qui vous dit&nbsp;: «&nbsp;Arrache-toi les deux yeux, et jette-toi dans le ruisseau.&nbsp;»</em></p>
<p>Jeannette reculait, effrayée, mais le désir de voir son frère la rappela vers le bord.</p>
<p><em>— Pourquoi hésiter&nbsp;? dit la marâtre. Allons, je vais vous aider</em></p>
<p>.</p>
<p>D&rsquo;une main preste et allègre, elle arracha les deux beaux yeux tandis que la belle enfant disparaissait sous les eaux.</p>
<p><em> </em></p>
<p><em>— C&rsquo;est fini, maintenant, bien fini, fit la marâtre</em>, et toute sa joie éclatait dans cette exclamation haineuse.</p>
<p>Elle savait, en effet, qu&rsquo;un poisson monstrueux habitait le ruisseau, et faisait sa nourriture de tout ce qui tombait dans la rivière. Mais, pour cette fois, il n&rsquo;en fut point ainsi. Maître  poisson s&rsquo;approche et rassurant la jeune fille&nbsp;:</p>
<p><em>— N&rsquo;aie point peur, belle princesse. Je ne te dévorerai point. Tu resteras à côté de moi; me tenant compagnie, je serai ton ami, ton protecteur.</em></p>
<p>Pendant ce temps, la marâtre avait couru chez elle, et, revêtant sa fille, Lénarde, de ses plus beaux vêtements, elle la présenta au roi.</p>
<p>Robert venait justement d&rsquo;arriver.</p>
<p><em>— Comment, s&rsquo;écria le monarque en courroux, est-ce là ta soeur, la belle fille dont tu m&rsquo;avais parlé&nbsp;?</em></p>
<p>Malgré toutes ses dénégations, il le fit jeter en prison par ses gardes.</p>
<p><em>— Et vous, dit-il, à la Bernarde, restez au château avec votre fille. Vous ne manquerez de rien.</em></p>
<p>La marâtre, qui était fine et rusée, prenait chaque jour plus d&#8217;empire sur le faible esprit du monarque. Au bout de quelque temps, une marchande de pommes passa près du ruisseau où Jeannette vivait en compagnie du maître des eaux. Elle entendit des plaintes, des gémissements. La marchande crut d&rsquo;abord que ces murmures n&rsquo;étaient que le bruissement des roseaux agités par la brise. Mais en se baissant sur le bord de l&rsquo;eau, pour saisir une fleur, elle aperçut une jeune fille fort belle bien que dépourvue de ses deux yeux. C&rsquo;était Jeannette qui lui raconta son histoire. Il lui était impossible de quitter la rivière, puisqu&rsquo;elle n&rsquo;avait plus ses deux yeux emportés par la Bernarde.</p>
<p><em>— Consolez-vous, ma mie, dit la marchande toute émue. Je me rends au château et vous rapporterai vos yeux qui ont fait tant de jaloux. C&rsquo;est une action abominable d&rsquo;avoir ainsi détérioré une si jolie personne&nbsp;!</em></p>
<p>La marchande part et la voilà bientôt rendue devant le château. De toutes ses forces, elle criait, en se promenant devant la façade&rsquo;:</p>
<p><em>— Qui boou de las poumes, de las poumes renettes&nbsp;?</em></p>
<p>La reine était justement devant la fenêtre. Ces belles pommes lui font envie. Elle fait appeler la revendeuse.</p>
<p><em>— Combien les pommes, ma bonne femme&nbsp;?</em></p>
<p><em>— Elles ne sont ni pour vendre, ni&rsquo; pour donner, répondit-elle. Mais je les échangerai bien volontiers contre un oeil.</em></p>
<p><em>— Un oeil, s&rsquo;écria la reine toute surprise, je n&rsquo;en ai point à vous donner, et quant aux miens je tiens à les garder.</em></p>
<p>La fille de la marâtre dit alors à sa mère&nbsp;:</p>
<p><em>— Donne-lui l&rsquo;un des yeux de ma soeur, puisque tu n&rsquo;en fais rien. L&rsquo;échange se fit. </em></p>
<p>La marchande, toute joyeuse, courut au ruisseau.</p>
<p><em>— Voilà l&rsquo;un de vos yeux, ma belle enfant, voilà l&rsquo;un de vos yeux.</em></p>
<p>Combien Jeannette fut contente&nbsp;! Bientôt elle pourrait revoir la lumière du jour et les chères personnes qu&rsquo;elle aimait.</p>
<p>Le lendemain, la marchande, portant à la main une banastre pleine de poires, criait de sa plus belle voix, devant le palais du roi&nbsp;:</p>
<p><em>— Qui boou de les pères, de les bêles pères&nbsp;?</em></p>
<p><em>— Qui veut des poires, de belles poires&nbsp;?</em></p>
<p>Comme la veille, la reine était à sa croisée.</p>
<p><em>— Combien vos poires, marchande&nbsp;? dit-elle, alléchée par la chair succulente de ces beaux fruits.</em></p>
<p><em>— Elles ne sont ni pour vendre, ni pour donner, répondit encore la revendeuse, mais pour un oeil, Madame, je vous céderai mes poires.</em></p>
<p>L&rsquo;échange se fit dans les mêmes conditions, et la revendeuse, agile comme la langue des revendeuse des Halles bordelaises, fut aussi- tôt rendue près du ruisseau.</p>
<p>Jeannette, qui entendit le cri de la marchande, demanda alors à son maître de lui permettre de faire l&rsquo;essai de ses yeux, et de se chauffer au soleil. Le Poisson ne voulut rien entendre. Il se rendait bien compte que sa belle compagne cherchait à se sauver.</p>
<p><em>— Mon ami, lui dit-elle, alors de sa voix la plus caressante, laissez-moi aller au château du roi pour voir mon frère</em>.</p>
<p>Le Maître des eaux se laissa toucher par ses larmes.</p>
<p>Jeannette part, arrive devant la porte du château. Sur un arbre elle aperçoit une colombe.</p>
<p><em>— Petite paloumette, s&rsquo;écria notre belle enfant, dis-moi si mon frère est ici.</em></p>
<p>Une voix sourde et douloureuse lui répondit&nbsp;:</p>
<p><em>— Ton frère est aux galères, aux galères.</em></p>
<p>Cependant les officiers du palais, ayant aperçu Jeannette, allèrent dire au roi qu&rsquo;une jeune fille, fort jolie, passait tous les soirs devant la porte du château en appelant son frère.</p>
<p><em>— Faites-la venir, ordonna le roi.</em></p>
<p><em>— Elle se cache, et puis, agile comme une gazelle, elle se sauve.</em></p>
<p><em>— Allez, amenez-moi cette belle enfant, ou je vous jette au cachot.</em></p>
<p>Jeannette serrée de près — elle redoutait sa marâtre — couverte d&rsquo;un mantelet, comme d&rsquo;un lasso, fut conduite devant le monarque.</p>
<p>Elle lui raconta ses aventures.</p>
<p>Le roi la trouva si belle qu&rsquo;il en devint amoureux.</p>
<p><em>— C&rsquo;est vous qui serez la reine, dit-il.</em></p>
<p>Robert, tiré de prison, reconnut sa soeur. Il dévoila toute cette intrigue.</p>
<p>La Bernarde fut chassée avec sa vilaine fille, qui toute couverte de haillons, revint à son pauvre logis. Elles moururent peu de temps après, dans la misère et dans la honte, haïes de tous.</p>
<p>Le roi épousa Jeannette et fit de Robert son premier ministre.</p>
<p>Les époux royaux vécurent longtemps, bien longtemps; ils eurent</p>
<p>de nombreux enfants.</p>
<p>E cric e crac</p>
<p>Moun counte es acabat.</p>
<p>ATU 403.  Conté par Madame Barre, en février 1912. In&nbsp;: REVUE DES TRADITIONS POPULAIRES N° 228</p>
</div></div></div><div class="fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-1 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-flex-column" style="--awb-padding-left:30px;--awb-bg-size:cover;--awb-width-large:100%;--awb-margin-top-large:50px;--awb-spacing-right-large:1.92%;--awb-margin-bottom-large:20px;--awb-spacing-left-large:1.92%;--awb-width-medium:100%;--awb-order-medium:0;--awb-spacing-right-medium:1.92%;--awb-spacing-left-medium:1.92%;--awb-width-small:100%;--awb-order-small:0;--awb-spacing-right-small:1.92%;--awb-spacing-left-small:1.92%;"><div class="fusion-column-wrapper fusion-column-has-shadow fusion-flex-justify-content-flex-start fusion-content-layout-column"><div class="fusion-text fusion-text-2" style="--awb-font-size:14px;--awb-text-transform:none;"><p><strong>Notes&nbsp;:</strong></p>
<p>Conté par Madame Barre, en février 1912.</p>
<p>REVUE DES TRADITIONS POPULAIRES 228</p>
<p>:</p>
</div><div class="fusion-text fusion-text-3"><p><strong>Une autre version   </strong>ATU 403. 5</p>
<p><strong>La Fiancée substituée</strong></p>
<p>(Transcription brute collection Millien Delarue)</p>
<p>Un houme [qui] avait une petite fille et un garçon, se remarie avec une fonne ayant une</p>
<p>petite fille. [Elle] ne pouvait pas souffrir les autres, les chasse.</p>
<p>Le fils du roi prit le garçon pour domestique&nbsp;:</p>
<p><em>— Jean, que tu es donc joli&nbsp;! As-tu pas de sœur&nbsp;?</em></p>
<p><em>— Si, encore plus jolie que moi.</em></p>
<p><em>— Va la chercher, je veux la voir et l’épouser.</em></p>
<p><em> </em></p>
<p>Elle avait dix-huit ans.</p>
<p><em>— Va la sercer et, si tu mens, je te fera brûler dans un four chauffé sept ans.</em></p>
<p><em> </em></p>
<p>Il y va. La mère lui dit&nbsp;:</p>
<p><em>— Emmène au moins les deux.</em></p>
<p><em>— Non.</em></p>
<p>La belle-mère prend la fille et la jette dans la Seine. Une baleine l’avale. Elle habille la</p>
<p>sienne et dit&nbsp;:</p>
<p><em>— Emmène celle-ci.</em></p>
<p><em>— Non.</em></p>
<p><em> </em></p>
<p>Il arrive. Le fils du roi lui dit&nbsp;:</p>
<p><em>— C’est ça&nbsp;! C’est bon à récurer les chaudrons&nbsp;! Tu m’as menti.</em></p>
<p>Punir&nbsp;: brûler. On le mit en prison au pain et à l’eau.</p>
<p>Quand tous les soirs sa sœur venait:</p>
<p><em>— Chauffe, chauffe, beau four, cinq ans</em></p>
<p><em>Pour faire brûler mon frère, petit Jean.</em></p>
<p><em> </em></p>
<p>Un domestique entendait et dit au roi cela.</p>
<p><em>— Taisez-vous&nbsp;! Je ne veux plus entendre parler de lui…</em></p>
<p><em> </em></p>
<p>Le fils du roi veut s’en assurer, écoute le soir, à l’heure ordinaire&nbsp;:</p>
<p><em>— Chauffe, etc.</em></p>
<p>Il la prend par le bras. Elle avait une chaîne en argent au pied.</p>
<p><em>— Apportez des ciseaux&nbsp;!</em></p>
<p>Il la coupe avec ses dents.</p>
<p><em>— Qui êtes-vous, sœur de Jean ou revenant ?</em></p>
<p><em>&#8211; La sœur de Jean</em></p>
<p><em>&#8211; Très jolie ! Il ne  m’a pas trompé !</em></p>
<p>On va le chercher. C’était un squelette. On  l’amène. Sa sœur l’embrasse.</p>
<ul>
<li><em>Je vas retourner chez ma maman Baleine, je reviendrai demain </em></li>
</ul>
<p>Elle y va. Arrivée au bord de la Seine, elle appelle sa mère Baleine qui ne répondait</p>
<p>pas. En colère, enfin elle répond&nbsp;:</p>
<p><em>— Te voilà, méchante, c’est pour ton bonheur que je t’ai retirée! Tu vas maintenant</em></p>
<p><em>te marier avec le fils du roi.</em></p>
<p>Et ils se marièrent.</p>
<p>Avec Jean qui était dafrômé.</p>
<p><em>Recueilli en 1887 à Glux auprès de Jeanne Martin, femme Bardet, née à Glux en 1863&nbsp;: Françoise Martin, née le 21/10/1862 à Glux, mariée le 23/06/1886 avec Bardet Claude, né le 27/06/1859 à Ambierle (42), journalier, résidant à Glux.</em></p>
</div></div></div><div class="fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-2 fusion_builder_column_1_4 1_4 fusion-flex-column" style="--awb-bg-size:cover;--awb-width-large:25%;--awb-margin-top-large:0px;--awb-spacing-right-large:7.68%;--awb-margin-bottom-large:20px;--awb-spacing-left-large:7.68%;--awb-width-medium:25%;--awb-order-medium:0;--awb-spacing-right-medium:7.68%;--awb-spacing-left-medium:7.68%;--awb-width-small:100%;--awb-order-small:0;--awb-spacing-right-small:1.92%;--awb-spacing-left-small:1.92%;"><div class="fusion-column-wrapper fusion-column-has-shadow fusion-flex-justify-content-flex-start fusion-content-layout-column"><div ><a class="fusion-button button-flat fusion-button-default-size button-default fusion-button-default button-1 fusion-button-span-yes fusion-button-default-type" target="_self" href="#" data-toggle="modal" data-target=".fusion-modal.ATU"><i class="fa-folder-open fas button-icon-left" aria-hidden="true"></i><span class="fusion-button-text">Classification</span></a></div><div class="fusion-modal modal fade modal-1 ATU" tabindex="-1" role="dialog" aria-labelledby="modal-heading-1" aria-hidden="true" style="--awb-border-color:#e2e2e2;--awb-background:#ffffff;"><div class="modal-dialog modal-sm" role="document"><div class="modal-content fusion-modal-content"><div class="modal-header"><button class="close" type="button" data-dismiss="modal" aria-hidden="true" aria-label="Close">&times;</button><h3 class="modal-title" id="modal-heading-1" data-dismiss="modal" aria-hidden="true">Classifications</h3></div><div class="modal-body fusion-clearfix">
<p style="text-align: center;">ATU 403</p>
</div><div class="modal-footer"><button class="fusion-button button-default button-medium button default medium" type="button" data-dismiss="modal">Close</button></div></div></div></div></div></div><div class="fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-3 fusion_builder_column_1_4 1_4 fusion-flex-column" style="--awb-bg-size:cover;--awb-width-large:25%;--awb-margin-top-large:0px;--awb-spacing-right-large:7.68%;--awb-margin-bottom-large:20px;--awb-spacing-left-large:7.68%;--awb-width-medium:25%;--awb-order-medium:0;--awb-spacing-right-medium:7.68%;--awb-spacing-left-medium:7.68%;--awb-width-small:100%;--awb-order-small:0;--awb-spacing-right-small:1.92%;--awb-spacing-left-small:1.92%;"><div class="fusion-column-wrapper fusion-column-has-shadow fusion-flex-justify-content-flex-start fusion-content-layout-column"><div ><a class="fusion-button button-flat fusion-button-default-size button-default fusion-button-default button-2 fusion-button-span-yes fusion-button-default-type" target="_self" href="https://www.euroconte.fr/ancrages-cultures-et-peuples/"><i class="fa-globe-europe fas button-icon-left" aria-hidden="true"></i><span class="fusion-button-text">Carte Monde</span></a></div></div></div></div></div><p>L’article <a href="https://www.euroconte.fr/portfolio-items/12840/"></a> est apparu en premier sur <a href="https://www.euroconte.fr">Euroconte</a>.</p>
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		<title>La belle Blonde</title>
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		<pubDate>Sun, 17 Aug 2025 16:29:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La Belle Blonde. Une fille grenouille enfermée dans une tour.</p>
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</strong></p></h3><span class="awb-title-spacer"></span><div class="title-sep-container title-sep-container-right"><div class="title-sep sep-single sep-solid" style="border-color:#dbdbdb;"></div></div></div><div class="fusion-text fusion-text-4" style="--awb-font-size:18px;--awb-text-transform:none;"><p><strong>LA BELLE BLONDE</strong></p>
<p>Léon Pineau &#8211; Les Contes Populaires du Poitou &#8211; Ernest Leroux – 1891</p>
<p>C&rsquo;était une jeune dame qui avait beaucoup désiré d&rsquo;avoir un enfant. Or, sur le point d&rsquo;en avoir un, elle était bien désolée, parce qu&rsquo;il lui avait été dit que son enfant serait une grenouille. Elle était bien chagrine! Elle a rencontré une fée, qui lui a dit de ne pas se tourmenter, qu&rsquo;elle voudrait être la marraine. La dame a eu une petite jolie fille, qu&rsquo;on a baptisée Belle Blonde et qui fut élevée par sa marraine.</p>
<p>Elle avait un château sans porte; fallait y entrer par les fenêtres. Quand elle arrivait, elle disait&nbsp;:</p>
<p><em>-Belle Blonde, dépelote tes cheveux que je monte! </em></p>
<p><em> </em></p>
<p>Mais, un jour n&rsquo;a pas semblé l&rsquo;autre. A passé un jeune roi.</p>
<p><em>&#8211;  Comment se fait-il, mademoiselle, qui êtes si belle, qu&rsquo;il n&rsquo;y ait pas moyen derentrer vous voir? Comment faites-vous donc pour sortir?</em></p>
<p><em>&#8211; Moi, je ne sors jamais. Quand ma marraine sort, je dépelote mes cheveux, pour qu&rsquo;elle monte.</em></p>
<p><em>&#8211; Si vous vouliez dépeloter vos cheveux, je monterais vous tenir compagnie!</em></p>
<p><em> </em></p>
<p>Et elle dépelota ses cheveux et puis elle le fit monter. Quand la vieille fée est</p>
<p>arrivée, il s&rsquo;est caché dans une barrique.</p>
<p><em>&#8211; Belle Blonde, dépelote tes cheveux que je monte!</em></p>
<p><em> </em></p>
<p>Le perroquet lui disait sans cesse&nbsp;:</p>
<p><em>&#8211; Le galant est dans la barrique!</em></p>
<p><em>&#8211; Ehl qu&rsquo;est-ce que tu dis, perroquet? Tais-toi, petit bavaud (bavard).</em></p>
<p><em> </em></p>
<p>Le lendemain, la fée a encore été se promener. Puis, dans le jour le jeune roi a</p>
<p>emmené la Belle Blonde. Quand la fée est arrivée&nbsp;:</p>
<p><em>&#8211; Belle Blonde, dépelote tes cheveux que je monte!</em></p>
<p><em> </em></p>
<p>Mais la Belle Blonde n&rsquo;a pas dépeloté ses cheveux. La fée a monté. La Belle</p>
<p>Blonde n&rsquo;y était plus.</p>
<p>Le perroquet disait&nbsp;:</p>
<p><em>&#8211; Je te le disais bien que le galant était dans la barrique&nbsp;!</em></p>
<p><em>&#8211; Ah! pauvre perroquet, tu me l&rsquo;avais bien dit! Belle Blonde, aussi belle tu as été,</em></p>
<p><em>aussi laide tu deviendras&nbsp;!</em></p>
<p><em> </em></p>
<p>Et la Belle Blonde devint en grenouille.</p>
<p>Le roi avait un autre fils. Il dit que celui-là qui lui amènerait la plus jolie femme</p>
<p>aurait un quartier de son royaume. La Belle Blonde a été obligée d&rsquo;aller voir la fée,</p>
<p>la prier, pour qu&rsquo;elle la fasse revenir belle.</p>
<p><em> </em></p>
<p><em>&#8211; 0 Belle Blonde, tu ne le mérites point, mais enfin!</em></p>
<p>Et elle l&rsquo;a fait venir encore plus belle qu&rsquo;elle était auparavant, et ils ont gagné le</p>
<p>quartier du royaume. Et puis après, le roi dit que celui-là qui aurait le plus beau</p>
<p>château de sa femme, aurait l&rsquo;autre quartier de son royaume. Ils ont encore été</p>
<p>trouver la fée. L&rsquo;autre avait un château en cuivre. La fée fit faire un château en</p>
<p>argent. Et ils ont encore gagné l&rsquo;autre quartier du royaume.</p>
</div></div></div><div class="fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-5 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-flex-column" style="--awb-padding-left:30px;--awb-bg-size:cover;--awb-width-large:100%;--awb-margin-top-large:50px;--awb-spacing-right-large:1.92%;--awb-margin-bottom-large:20px;--awb-spacing-left-large:1.92%;--awb-width-medium:100%;--awb-order-medium:0;--awb-spacing-right-medium:1.92%;--awb-spacing-left-medium:1.92%;--awb-width-small:100%;--awb-order-small:0;--awb-spacing-right-small:1.92%;--awb-spacing-left-small:1.92%;"><div class="fusion-column-wrapper fusion-column-has-shadow fusion-flex-justify-content-flex-start fusion-content-layout-column"><div class="fusion-text fusion-text-5" style="--awb-font-size:14px;--awb-text-transform:none;"><p><strong>Notes&nbsp;:</strong></p>
<p>Source&nbsp;: Léon Pineau &#8211; Les Contes Populaires du Poitou &#8211; Ernest Leroux – 1891</p>
<p><em> </em></p>
</div></div></div><div class="fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-6 fusion_builder_column_1_4 1_4 fusion-flex-column" style="--awb-bg-size:cover;--awb-width-large:25%;--awb-margin-top-large:0px;--awb-spacing-right-large:7.68%;--awb-margin-bottom-large:20px;--awb-spacing-left-large:7.68%;--awb-width-medium:25%;--awb-order-medium:0;--awb-spacing-right-medium:7.68%;--awb-spacing-left-medium:7.68%;--awb-width-small:100%;--awb-order-small:0;--awb-spacing-right-small:1.92%;--awb-spacing-left-small:1.92%;"><div class="fusion-column-wrapper fusion-column-has-shadow fusion-flex-justify-content-flex-start fusion-content-layout-column"><div ><a class="fusion-button button-flat fusion-button-default-size button-default fusion-button-default button-3 fusion-button-span-yes fusion-button-default-type" target="_self" href="#" data-toggle="modal" data-target=".fusion-modal.ATU"><i class="fa-folder-open fas button-icon-left" aria-hidden="true"></i><span class="fusion-button-text">Classification</span></a></div><div class="fusion-modal modal fade modal-2 ATU" tabindex="-1" role="dialog" aria-labelledby="modal-heading-2" aria-hidden="true" style="--awb-border-color:#e2e2e2;--awb-background:#ffffff;"><div class="modal-dialog modal-sm" role="document"><div class="modal-content fusion-modal-content"><div class="modal-header"><button class="close" type="button" data-dismiss="modal" aria-hidden="true" aria-label="Close">&times;</button><h3 class="modal-title" id="modal-heading-2" data-dismiss="modal" aria-hidden="true">Classifications</h3></div><div class="modal-body fusion-clearfix">
<p style="text-align: center;">ATU 402-(+310)</p>
</div><div class="modal-footer"><button class="fusion-button button-default button-medium button default medium" type="button" data-dismiss="modal">Close</button></div></div></div></div></div></div><div class="fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-7 fusion_builder_column_1_4 1_4 fusion-flex-column" style="--awb-bg-size:cover;--awb-width-large:25%;--awb-margin-top-large:0px;--awb-spacing-right-large:7.68%;--awb-margin-bottom-large:20px;--awb-spacing-left-large:7.68%;--awb-width-medium:25%;--awb-order-medium:0;--awb-spacing-right-medium:7.68%;--awb-spacing-left-medium:7.68%;--awb-width-small:100%;--awb-order-small:0;--awb-spacing-right-small:1.92%;--awb-spacing-left-small:1.92%;"><div class="fusion-column-wrapper fusion-column-has-shadow fusion-flex-justify-content-flex-start fusion-content-layout-column"><div ><a class="fusion-button button-flat fusion-button-default-size button-default fusion-button-default button-4 fusion-button-span-yes fusion-button-default-type" target="_self" href="https://www.euroconte.fr/ancrages-cultures-et-peuples/"><i class="fa-globe-europe fas button-icon-left" aria-hidden="true"></i><span class="fusion-button-text">Carte Monde</span></a></div></div></div></div></div><p>L’article <a href="https://www.euroconte.fr/portfolio-items/la-belle-blonde/">La belle Blonde</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.euroconte.fr">Euroconte</a>.</p>
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		<title>Le roi des corbeaux</title>
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		<dc:creator><![CDATA[maubaret]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 16 Aug 2025 15:02:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le roi des Corbeaux conte type 425 une belle version d'Éros et Psychée.</p>
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</strong></p></h3><span class="awb-title-spacer"></span><div class="title-sep-container title-sep-container-right"><div class="title-sep sep-single sep-solid" style="border-color:#dbdbdb;"></div></div></div><div class="fusion-text fusion-text-6" style="--awb-font-size:18px;--awb-text-transform:none;"><p><strong>Le Roi des Corbeaux (</strong>Bladé &#8211; Contes populaires de la Gascogne, t. 1, 1886)</p>
<p><em> </em></p>
<p>Il y avait, une fois, un homme qui était vert comme l’herbe, et qui n’avait qu’un œil, au beau milieu du front. Cet Homme Vert demeurait au bord du bois du Ramier, dans une vieille maison. Avec lui, vivaient ses trois filles&nbsp;: l’aînée belle comme le jour, la cadette plus belle que l’aînée&nbsp;; la dernière, qui n’avait que dix ans, plus belle que les deux autres.</p>
<p>Un soir d’hiver, l’Homme Vert était à sa fenêtre. La nuit venait, et la brume montait de la rivière du Gers. Tout à coup, il se fit un grand bruit d’ailes. Un oiseau, grand comme un taureau, et noir comme l’âtre, vint se jucher au bord de la fenêtre.</p>
<p><em>— «&nbsp;Couac&nbsp;! couac&nbsp;! couac&nbsp;! Je suis le Roi des Corbeaux.</em></p>
<p><em>— Roi des Corbeaux, que me-veux-tu&nbsp;?</em></p>
<p><em>— Couac&nbsp;! couac&nbsp;! couac&nbsp;! Homme Vert, je veux une de tes trois filles en mariage.</em></p>
<p>— Roi des Corbeaux, attends-moi là.&nbsp;»</p>
<p>L’Homme Vert s’en alla dans la chambre de ses trois filles.</p>
<p><em>— «&nbsp;Mes filles, écoutez. Le Roi des Corbeaux est venu. Il veut une de vous trois en mariage.</em></p>
<p><em>— Père, dit l’aînée, je me suis fiancée, il y a bientôt un an, avec le fils du roi d’Espagne, qui était venu acheter des mules, à Lectoure, le jour de la foire de la Saint-Martin Hier, mon galant m’a fait dire, par un pèlerin de Saint-Jacques qu’il viendrait bientôt me chercher, pour me mener dans son pays. Vous voyez bien, père, que je ne peux pas épouser le Roi des Corbeaux.</em></p>
<p><em>— Père, dit la cadette, je me suis fiancée, il y bientôt un an, avec le fils du Roi des Iles de la mer. Hier, mon galant m’a fait dire, par un matelot de Bordeaux, qu’il viendrait bientôt me chercher, pour me mener dans son pays. Vous voyez bien, père, que je ne peux pas épouser le Roi des Corbeaux.&nbsp;»</em></p>
<p>Alors, l’Homme Vert regarda sa dernière fille. En la voyant toute jeunette, il prit</p>
<p>pitié d’elle, et pensa&nbsp;:</p>
<p><em>— «&nbsp;Si je marie cet enfant au Roi des Corbeaux, je suis damné pour toujours, comme ceux qui meurent sans confession.&nbsp;»</em></p>
<p><em> </em></p>
<p>Donc, l’Homme Vert ne demanda rien à sa dernière fille, et revint trouver le Roi  des Corbeaux, toujours juché sur le bord de la fenêtre.</p>
<p><em>— «&nbsp;Roi des Corbeaux, aucune de mes filles ne veut de toi.&nbsp;»</em></p>
<p><em> </em></p>
<p>Alors, le Roi des Corbeaux entra dans une terrible colère. D’un grand coup de bec, il creva l’œil que l’Homme Vert avait au beau milieu du front. Puis, il s’envola dans la brume. L’Homme Vert se mit à crier, comme un possédé du Diable. A ces cris, ses trois filles accoururent.</p>
<p><em>— «&nbsp;Père, qu’avez-vous&nbsp;? Qui vous a crevé l’œil.</em></p>
<p><em>— C’est le Roi des Corbeaux. Toutes trois, vous l’avez refusé en mariage.</em></p>
<p><em>— Père, dit la dernière fille, je ne suis pas née pour vous démentir. Pourtant, je n’ai pas refusé le Roi des Corbeaux en mariage.</em></p>
<p><em>— C’est bien. Mène-moi vers mon lit. Que nul n’entre dans ma chambre, si je n’appelle.&nbsp;»</em></p>
<p>La troisième fille fit comme son père avait commandé.</p>
<p>Le lendemain soir, l’Homme Vert appela sa troisième fille et lui dit&nbsp;:</p>
<p><em>— «&nbsp;Mène-moi dans la chambre où j’étais hier, quand le Roi des Corbeaux m’a crevé l’œil. Ouvre la fenêtre, et laisse-moi seul.&nbsp;»</em></p>
<p><em> </em></p>
<p>La troisième fille fit comme son père avait commandé. Alors, l’Homme Vert se</p>
<p>mit à la fenêtre. La nuit venait, et la brume montait de la rivière du Gers. Tout-à-</p>
<p>coup, il se fit un grand bruit d’ailes. Un oiseau, grand comme un taureau, et noir</p>
<p>comme l’âtre, vint se jucher au bord de la fenêtre.</p>
<p><em>— «&nbsp;Couac&nbsp;! couac&nbsp;! couac&nbsp;! Je suis le Roi des Corbeaux.</em></p>
<p><em>— Roi des Corbeaux, que me-veux-tu&nbsp;?</em></p>
<p><em>— Couac&nbsp;! couac&nbsp;! couac&nbsp;! Homme Vert, je veux une de tes trois filles en mariage.</em></p>
<p><em>— Roi des Corbeaux, tu auras ma troisième fille.&nbsp;»</em></p>
<p><em> </em></p>
<p>Alors, le Roi des Corbeaux rendit la vue à l’Homme Vert, et cria&nbsp;:</p>
<p><em>— «&nbsp;Couac&nbsp;! couac&nbsp;! couac&nbsp;! Dis à ma fiancée d’être prête demain matin, au point du jour, avec sa robe blanche et sa couronne nuptiale.&nbsp;»</em></p>
<p><em> </em></p>
<p>Le lendemain, au point du jour, le ciel était noir de Corbeaux, qui étaient venus de nuit. Devant la maison de l’Homme Vert, ils préparaient un autel, pour dire la messe du mariage. Au pied de l’autel, se tenait le Roi des Corbeaux, caché sous un grand linceul blanc comme neige. Quand tout fut prêt, et quand les cierges furent allumés, un prêtre, venu on ne sait d’où, arriva tout habillé, avec son clerc, pour dire la messe du mariage. La messe finie, le prêtre et son clerc s’en allèrent comme ils étaient venus. Le Roi des Corbeaux demeurait toujours caché sous le grand linceul blanc comme neige.</p>
<p><em> </em></p>
<p><em>— «&nbsp;Couac&nbsp;! couac&nbsp;! couac&nbsp;! Emmenez ma femme chez son père.&nbsp;»</em></p>
<p><em> </em></p>
<p>On emmena la femme chez son père. Alors, le Roi des Corbeaux sortit de sous le grand linceul blanc comme neige.</p>
<p><em>— «&nbsp;Couac&nbsp;! couac&nbsp;! couac&nbsp;! Homme Vert, garde ta fille jusqu’à midi. A cette heure, mes Corbeaux ont ordre de l’emporter dans mon pays.&nbsp;»</em></p>
<p>Et il s’envola vers le nord .</p>
<p>A midi, la femme était sur le seuil de la maison.</p>
<p><em>— «&nbsp;Adieu, mon père. Adieu, mes sœurs. Je quitte ma terre et ma maison. Je</em></p>
<p><em>vais en pays étranger. Je ne reviendrai jamais, jamais.&nbsp;»</em></p>
<p><em> </em></p>
<p>Alors, les Corbeaux prirent leur reine, et l’emportèrent, à travers les airs, dans le pays du froid, dans le pays de la glace, où il n’y a ni arbres ni verdure. Avant le coucher du soleil, ils avaient fait trois mille lieues. La reine était rendue devant la porte maîtresse de son château.</p>
<p><em>— «&nbsp;Merci, Corbeaux. Je n’oublierai pas le service que vous m’avez fait. Maintenant, allez souper et dormir. Certes, vous l’avez bien gagné.&nbsp;»</em></p>
<p><em> </em></p>
<p>Les Corbeaux partirent, et la reine rentra dans son château. Il était sept fois plus  grand que l’église de Saint-Gervais de Lectoure. Partout brûlaient des lumières. Les cheminées flambaient, comme des fours de tuiliers. Pourtant, la reine ne vit personne. Tout en se promenant de chambre en chambre, elle arriva dans une grande salle, où il y avait une table, chargée de plats et de vins de toute espèce. Un seul couvert était mis. La reine s’assit. Mais elle n’avait pas le cœur à boire et a manger, car elle pensait toujours aux siens et à son pays. Une heure après, la reine s’alla coucher dans un lit, fermé de rideaux d’or et d’argent, et attendit, sans dormir, en laissant brûler la lumière.</p>
<p>Sur le premier coup de minuit, il se fit un grand bruit d’ailes. C’était le Roi des Corbeaux, qui rentrait pour se coucher. Il s’arrêta derrière la porte de la chambre, où sa femme était couchée.</p>
<p><em>— «&nbsp;Couac&nbsp;! couac&nbsp;! couac&nbsp;! Femme, souffle la lumière.&nbsp;»</em></p>
<p><em> </em></p>
<p>La reine souffla la lumière, et le Roi des Corbeaux entra dans l’obscurité.</p>
<p><em>— «&nbsp;Couac&nbsp;! couac&nbsp;! couac&nbsp;! Femme, écoute. Ici, nous ne parlons pas pour ne rien dire. Autrefois, j’étais roi sur les hommes. Maintenant, je suis le Roi des Corbeaux. Un méchant gueux, qui a grand pouvoir, nous a changés en bêtes, moi et mon peuple. Mais il est dit que notre épreuve finira. Pour cela, tu peux beaucoup. Je compte que tu feras ton devoir. Toutes les nuits, comme ce soir, je viendrai dormir à ton côté. Mais tu n’as encore que dix ans. Tu ne seras vraiment ma femme qu’après sept ans passés. Jusque-là, garde toi bien d’essayer de me voir jamais. Sinon, il arriverait de grands malheurs à moi, à toi, et à mon peuple.</em></p>
<p><em>— Roi des Corbeaux, vous serez obéi.&nbsp;»</em></p>
<p><em> </em></p>
<p>Alors, la reine entendit le Roi des Corbeaux, qui se dépouillait de ses ailes et de son plumage. Cela fait, il vint se coucher dans le lit. La reine eut peur. Elle avança la main, et sentit le froid d’une épée nue, que son mari avait mise entre lui et elle. Le lendemain matin, avant le jour, le Roi des Corbeaux se leva dans l’obscurité, retira l’épée nue du lit, revêtit ses ailes et son plumage, et partit sans dire où il s’en allait. Dorénavant, il en fut de même matin et soir. Pourtant, la reine craignait et aimait le Roi des Corbeaux, parce qu’elle savait qu’il était fort et hardi.</p>
<p>La pauvrette s’ennuyait à vivre ainsi, sans jamais à personne. Pour se divertir un peu, elle partait souvent, de grand matin, avec un panier plein de vivres. Elle courait la campagne, à travers la neige et la glace, jusqu’à l’entrée de la nuit. Jamais elle ne rencontrait âme qui vive.</p>
<p>Un matin, tout en se promenant ainsi, loin du château, la reine aperçut une montagne haute et sans neige. Voilà la reine partie. Après sept heures de montée, elle arriva devant une pauvre cabane, tout à côté d’un lavoir. Au bord du lavoir, travaillait une lavandière, ridée comme un vieux cuir, et vieille comme un chemin. La lavandière chantait, en tordant un linge noir comme la suie&nbsp;:</p>
<p><em>«&nbsp;Fée, fée,</em></p>
<p><em>Ta lessive</em></p>
<p><em>N’est pas encore achevée.</em></p>
<p><em>La vierge Mariée, N’est pas encore arrivée. Fée, fée.»</em></p>
<p><em>— «&nbsp;Bonjour, lavandière, dit la reine. Je vais vous aider à laver votre linge noir comme la suie.</em></p>
<p><em>— Avec plaisir, pauvrette.&nbsp;»</em></p>
<p>La reine n’eut pas plus tôt plongé le linge dans l’eau, qu’il devint blanc comme lait. Alors, la vieille lavandière se mit à chanter&nbsp;:</p>
<p><em>«&nbsp;Fée, fée,</em></p>
<p><em>Ta lessive</em></p>
<p><em>Est achevée.</em></p>
<p><em>La vierge</em></p>
<p><em>Mariée,</em></p>
<p><em>Est arrivée.</em></p>
<p><em>Fée, fée.</em> »</p>
<p>Puis, la lavandière dit à la reine&nbsp;:</p>
<p><em>— «&nbsp;Pauvrette, il y a bien longtemps que je t’attendais. Mes épreuves sont finies, et c’est toi qui en es cause. Toi, pauvrette, tu n’as pas achevé de souffrir. Ton mari t’a donné de bons conseils. Mais les conseils ne servent à rien, et ce qui doit arriver ne manque jamais. Maintenant passe ton chemin, et ne retourne ici que dans un jour de grand besoin.&nbsp;»</em></p>
<p>La reine revint au château, reprendre sa vie de chaque jour et de chaque nuit. Il y avait tout juste sept ans, moins un jour, que le Roi des Corbeaux l’avait épousée devant la maison de l’Homme Vert, au bord du bois du Ramier. Alors, la reine pensa&nbsp;:</p>
<p><em>— «&nbsp;Le temps de mon épreuve va finir. Un jour de plus, un jour de moins, ce n’est rien. Cette nuit, je saurai comment est fait le Roi des Corbeaux.&nbsp;» </em></p>
<p>Le soir venu, la reine alluma une lumière dans sa chambre, et la cacha si bien, qu’il y faisait noir comme dans un four. Cela fait, elle se coucha et attendit. Sur le premier coup de minuit, il se fit un grand bruit d’ailes. C’était le Roi des Corbeaux qui rentrait pour se coucher. La reine l’entendit qui se dépouillait, comme de coutume, de ses ailes et de son plumage. Cela fait, il se mit au lit, plaça l’épée nue entre lui et sa femme, et s’endormit.</p>
<p>Alors, la reine alla chercher la lumière qu’elle avait cachée, et regarda son mari. C’était un homme beau comme le jour.</p>
<p><em>— «&nbsp;Mon Dieu, comme mon mari est beau&nbsp;!&nbsp;»</em></p>
<p>La reine se rapprocha du lit, avec sa lumière, pour mieux voir, et laissa tomber un peu de cire bouillante sur son</p>
<p>mari. Le Roi des Corbeaux se réveilla.</p>
<p><em>— «&nbsp;Femme, dit-il, tu es cause de grands malheurs, pour moi, pour toi, et pour mon peuple. Demain, notre épreuve était finie. J’allais être véritablement ton mari, sous la forme où tu me vois. Maintenant, je vais être séparé du monde. Le méchant gueux qui me tient en son pouvoir fera de moi ce qu’il voudra. Mais ce qui est fait est fait, et le regret ne sert de rien. Je te pardonne le mal que tu m’as fait. Sors de ce château, où il va se passer des choses que tu ne dois pas voir. Pars, et que le Bon Dieu t’accompagne partout où tu t’en iras.&nbsp;»</em></p>
<p>La reine sortit en pleurant. Alors, le méchant gueux qui tenait le Roi des Corbeaux en son pouvoir entra dans la chambre, enchaîna son ennemi avec une chaîne de fer du poids de sept quintaux, et l’emporta, à travers les nuages, sur la cime d’une haute montagne, dans une île de la mer. Là, il enfonça le bout de la chaîne dans le roc, et le consolida, avec du plomb et du soufre, mieux que n’eût fait le meilleur maître serrurier. Cela fait, il siffla. Aussitôt, accoururent deux loups, grands comme des taureaux, l’un noir comme suie, l’autre blanc comme neige.</p>
<p>Le loup blanc veillait le jour, et dormait la nuit. Le loup noir veillait la nuit, et dormait le jour.</p>
<p><em>— «&nbsp;Loups, gardez bien le Roi des Corbeaux.</em></p>
<p><em>— Maître, vous serez obéi.&nbsp;»</em></p>
<p>Le méchant gueux partit, et le Roi des Corbeaux demeura seul, avec les deux loups, enchaîné, sur la cime d’une haute montagne, dans une île de la mer. Pendant que cela se passait, la reine était sortie du château. Elle marchait, marchait, toujours tout droit devant elle, et pleurait toutes les larmes de ses veux. A force de marcher, elle arriva, toujours pleurant, à la cime de la montagne haute et sans neige, où étaient le lavoir et la pauvre cabane de la vieille lavandière.</p>
<p><em>— «&nbsp;Pauvrette, dit la vieille lavandière, te voilà malheureuse, comme je te l’avais dit. Mais les conseils ne servent de rien, et ce qui doit arriver ne manque jamais. Tu m’as fait service autrefois, et bien t’en prend aujourd’hui. Tiens. Voici une paire de souliers de fer, pour aller à la recherche de ton mari, prisonnier, à la cime d’une haute montagne, dans une île de la mer. Voici une besace, où le pain ne manquera pas, pour tant que tu manges. Voici une gourde, où le vin ne manquera pas, pour tant que tu boives. Voici un couteau, pour te défendre, pour couper l’herbe bleue, l’herbe qui chante nuit et jour, l’herbe qui brise le fer. Quand tes souliers seront rompus, tu seras près de délivrer le Roi des Corbeaux.</em></p>
<p><em>— Merci, lavandière.&nbsp;»</em></p>
<p>La reine partit. Trois jours après, elle arriva dans le pays où il ne fait ni nuit ni lune, et où le soleil rayonne toujours. Là, elle marcha tout un an. Quand elle avait faim et soif, le pain et le vin ne manquaient pas dans la besace et dans la gourde. Quand elle avait envie de dormir, elle se couchait par terre, et sommeillait. Au bout d’un an, elle trouva l’herbe bleue de la tête à la racine, l’herbe bleue comme la fleur du lin. Aussitôt, la reine tira son couteau d’or.</p>
<p><em>— «&nbsp;Reine, dit l’herbe bleue, ne me coupe pas, avec ton couteau d’or. Je suis l’herbe bleue. Mais je ne suis pas l’herbe qui chante nuit et jour, l’herbe qui brise le fer.&nbsp;»</em></p>
<p>La reine ferma son couteau d’or, et repartit. Trois jours après, elle arriva dans le pays où il ne fait ni jour ni nuit, et où la lune éclaire toujours. Là, elle marcha tout un an. Quand elle avait faim et soif, le pain et le vin ne manquaient pas dans la besace et dans la gourde. Quand elle avait envie de dormir, elle se couchait par terre, et sommeillait. Au bout d’un an, elle trouva l’herbe bleue de la tête à la racine, l’herbe bleue comme la fleur du lin.</p>
<p>L’herbe bleue chantait&nbsp;:</p>
<p><em>— «&nbsp;Je suis l’herbe bleue, l’herbe qui chante nuit et jour. Je suis l’herbe bleue, l’herbe qui chante nuit et jour.&nbsp;»</em></p>
<p><em> </em></p>
<p>Aussitôt, la reine tira son couteau d’or.</p>
<p><em> </em></p>
<p><em>— «&nbsp;Reine, dit l’herbe bleue, l’herbe qui chante nuit et jour, ne me coupe pas, avec ton couteau d’or. Je suis l’herbe bleue, l’herbe qui chante nuit et jour. Mais je ne suis pas l’herbe qui brise le fer.&nbsp;»</em></p>
<p><em> </em></p>
<p>La reine referma son couteau d’or, et repartit. Trois jours après, elle arriva dans le pays où il n’y a ni soleil ni lune, et où il fait nuit toujours. Là, elle marcha tout un an. Quand elle avait faim et soif, le pain et le vin ne manquaient pas dans la besace et dans la gourde. Quand elle avait envie de dormir, elle se couchait par terre, et sommeillait. Au bout d’un an, elle entendit chanter dans la nuit&nbsp;:</p>
<p><em>— «&nbsp;Je suis l’herbe bleue, l’herbe qui chante nuit et jour, l’herbe qui brise le fer. Je suis l’herbe bleue, l’herbe qui chante nuit et jour, l’herbe qui brise le fer.&nbsp;»</em></p>
<p>Aussitôt, la reine tira son couteau d’or, et marcha, dans la nuit, vers l’endroit d’où venait la chanson. Tout-à coup, ses souliers de fer se rompirent. Elle avait marché sur l’herbe bleue, l’herbe qui chante nuit et jour, l’herbe qui brise le fer. Avec son couteau d’or, la reine coupa l’herbe, qui chantait toujours&nbsp;:</p>
<p><em>— «&nbsp;Je suis l’herbe bleue, l’herbe qui chante nuit et jour, l’herbe qui brise le fer.&nbsp;»</em></p>
<p><em> </em></p>
<p>La reine referma son couteau d’or. Elle repartit, dans la nuit, marchant pieds nus parmi les épines. Elle marcha</p>
<p>longtemps, longtemps. Enfin, la nuit finit, et le soleil se leva. La reine était au bord de la mer grande, tout proche d’un petit bateau. La reine monta dans le petit bateau, et partit sur la mer grande. Pendant sept jours et sept nuits, elle ne vit que ciel et eau. Le matin du huitième jour, elle arriva dans une île, et vit le Roi des Corbeaux, enchaîné sur la cime d’une haute montagne. Dès qu’il aperçut la reine, le grand loup blanc s’élança, la gueule ouverte. Aussitôt, la reine tira son couteau d’or, et brandit l’herbe qui chantait toujours&nbsp;:</p>
<p><em>— «&nbsp;Je suis l’herbe bleue, l’herbe qui chante nuit et jour, l’herbe qui brise le fer. Je suis l’herbe bleue, l’herbe qui chante nuit et jour, l’herbe qui brise le fer.&nbsp;»</em></p>
<p><em> </em></p>
<p>A cette chanson, le grand loup blanc se coucha, et s’endormit. Alors, la reine saigna, avec son couteau d’or, le grand loup blanc et le grand loup noir. Cela fait, elle toucha la chaîne du poids de sept quintaux, qui attachait le Roi des Corbeaux, avec l’herbe qui chantait toujours&nbsp;:</p>
<p><em> </em></p>
<p><em>— «&nbsp;Je suis l’herbe bleue, l’herbe qui chante nuit et jour, l’herbe qui brise le fer. Je suis l’herbe bleue, l’herbe qui chante nuit et jour, l’herbe qui brise le fer.&nbsp;»</em></p>
<p><em> </em></p>
<p>Alors, l’herbe se flétrit en un moment, et ne chanta plus. Mais le Roi des Corbeaux se leva, droit et hardi comme un César.</p>
<p><em>— «&nbsp;Couac&nbsp;! couac&nbsp;! couac&nbsp;! Merci, femme.&nbsp;»</em></p>
<p><em> </em></p>
<p>Cela fait, il cria vers les quatre vents du ciel&nbsp;:</p>
<p><em>— «&nbsp;Couac&nbsp;! couac&nbsp;! couac&nbsp;!&nbsp;»</em></p>
<p><em> </em></p>
<p>Et, tandis qu’il criait ainsi, des volées de Corbeaux arrivaient des quatre vents du ciel. Aussitôt, ils reprenaient la forme de l’homme. Quand tous furent là, le Roi</p>
<p>dit&nbsp;:</p>
<p><em>— «&nbsp;Braves gens, mes peines et les vôtres sont finies. Regardez là-bas, là-bas. C’est un roi de mes amis qui vient nous chercher, avec sept mille navires. Dans un mois, nous serons tous au pays .&nbsp;»</em></p>
<p>-Raconté par cinq personnes, dont deux actuellement mortes et trois encore vivantes. Les deux premières sont Cazaux, de Lectoure (Gers), mort à plus de quatre-vingts ans, et Bernarde Dubarry, de Bajonnette, canton de Fleurance (Gers), décédée à soixante ans passés. Les trois survivantes sont, un charpentier nommé Briscadieu, natif d’Estang (Gers)&nbsp;; un jardinier de Lectoure surnommé Petiton, et Pauline Lacaze, de Panassac <em>(Gers). Durant mon enfance, ce conte m’était également récité par ma </em><em>grand’mère paternelle, Marie de Lacaze, de Sainte-Radegonde (Gers). </em><em>Mais je n’ai pas usé de mes propres souvenirs, qui pourraient être trop </em><em>vagues. Cazaux était le seul à signaler l’Homme Vert comme n’ayant </em><em>qu’un œil au milieu du front. Tous les autres conteurs lui en donnent </em><em>deux, et s’accordent à les faire crever, puis guérir, par le Roi des </em><em>Corbeaux. Tous mes conteurs sont illettrés, sauf Briscadieu, qui sait lire&nbsp;; </em><em>il a cinquante ans environ. Petiton et Pauline Lacaze approchent de la </em><em>soixantaine.</em></p>
<p><em> </em></p>
</div><div class="fusion-video fusion-youtube" style="--awb-max-width:600px;--awb-max-height:360px;"><div class="video-shortcode"><div class="fluid-width-video-wrapper" style="padding-top:60%;" ><iframe title="YouTube video player 1" src="https://www.youtube.com/embed/XlZlTDE2WEU?wmode=transparent&autoplay=0" width="600" height="360" allowfullscreen allow="autoplay; fullscreen"></iframe></div></div></div></div></div><div class="fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-9 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-flex-column" style="--awb-padding-left:30px;--awb-bg-size:cover;--awb-width-large:100%;--awb-margin-top-large:50px;--awb-spacing-right-large:1.92%;--awb-margin-bottom-large:20px;--awb-spacing-left-large:1.92%;--awb-width-medium:100%;--awb-order-medium:0;--awb-spacing-right-medium:1.92%;--awb-spacing-left-medium:1.92%;--awb-width-small:100%;--awb-order-small:0;--awb-spacing-right-small:1.92%;--awb-spacing-left-small:1.92%;"><div class="fusion-column-wrapper fusion-column-has-shadow fusion-flex-justify-content-flex-start fusion-content-layout-column"><div class="fusion-text fusion-text-7" style="--awb-font-size:14px;--awb-text-transform:none;"><p><em> </em></p>
</div></div></div><div class="fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-10 fusion_builder_column_1_4 1_4 fusion-flex-column" style="--awb-bg-size:cover;--awb-width-large:25%;--awb-margin-top-large:0px;--awb-spacing-right-large:7.68%;--awb-margin-bottom-large:20px;--awb-spacing-left-large:7.68%;--awb-width-medium:25%;--awb-order-medium:0;--awb-spacing-right-medium:7.68%;--awb-spacing-left-medium:7.68%;--awb-width-small:100%;--awb-order-small:0;--awb-spacing-right-small:1.92%;--awb-spacing-left-small:1.92%;"><div class="fusion-column-wrapper fusion-column-has-shadow fusion-flex-justify-content-flex-start fusion-content-layout-column"><div ><a class="fusion-button button-flat fusion-button-default-size button-default fusion-button-default button-5 fusion-button-span-yes fusion-button-default-type" target="_self" href="#" data-toggle="modal" data-target=".fusion-modal.ATU"><i class="fa-folder-open fas button-icon-left" aria-hidden="true"></i><span class="fusion-button-text">Classification</span></a></div><div class="fusion-modal modal fade modal-3 ATU 425" tabindex="-1" role="dialog" aria-labelledby="modal-heading-3" aria-hidden="true" style="--awb-border-color:#e2e2e2;--awb-background:#ffffff;"><div class="modal-dialog modal-sm" role="document"><div class="modal-content fusion-modal-content"><div class="modal-header"><button class="close" type="button" data-dismiss="modal" aria-hidden="true" aria-label="Close">&times;</button><h3 class="modal-title" id="modal-heading-3" data-dismiss="modal" aria-hidden="true">Classifications</h3></div><div class="modal-body fusion-clearfix">
<p style="text-align: center;">ATU 000</p>
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		<title>La fille du roi Grenouille</title>
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		<dc:creator><![CDATA[maubaret]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 21 Sep 2024 12:57:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans des temps très anciens, alors qu'il pouvait encore être utile de faire des vœux, vivait un roi dont toutes les filles étaient belles. La plus jeune était si belle que le soleil, qui en a cependant tant vu, s'étonnait chaque fois qu'il illuminait son visage. Non loin du château du roi, il y avait  [...]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div class="page" title="Page 1">
<div class="section">
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<div class="column">
<p>Dans des temps très anciens, alors qu&rsquo;il pouvait encore être utile de faire des vœux, vivait un roi dont toutes les filles étaient belles. La plus jeune était si belle que le soleil, qui en a cependant tant vu, s&rsquo;étonnait chaque fois qu&rsquo;il illuminait son visage.</p>
<p>Non loin du château du roi, il y avait une grande et sombre forêt et, dans la forêt, sous un vieux tilleul, une fontaine.</p>
<p>Un jour qu&rsquo;il faisait très chaud, la royale enfant partit dans le bois, et s&rsquo;assit au bord de la source fraîche. Et comme elle s&rsquo;ennuyait, elle prit sa balle en or, la jeta en l&rsquo;air et la rattrapa&nbsp;; c&rsquo;était son jeu favori. Il arriva que la balle d&rsquo;or, au lieu de revenir dans sa main, tomba sur le sol et roula tout droit dans l&rsquo;eau. La princesse la suivit des yeux, mais la balle disparut&nbsp;: la fontaine était si profonde qu&rsquo;on n&rsquo;en voyait pas le fond. La jeune fille se mit à pleurer, à pleurer de plus en plus fort&nbsp;; elle était inconsolable. Comme elle gémissait ainsi, quelqu&rsquo;un lui cria&nbsp;:</p>
<div class="page" title="Page 1">
<div class="section">
<div class="layoutArea">
<div class="column">
<p>-Pourquoi pleures-tu, princesse, si fort qu&rsquo;une pierre s&rsquo;en laisserait attendrir&nbsp;?Elle regarda autour d&rsquo;elle pour voir d&rsquo;où venait la voix et aperçut une grenouille qui tendait hors de l&rsquo;eau sa tête grosse et affreuse.<br />
&#8211; Ah&nbsp;! c&rsquo;est toi, vieille barboteuse&nbsp;! dit-elle&nbsp;; je pleure ma balle d&rsquo;or qui est tombée dans la fontaine.<br />
&#8211; Tais-toi et ne pleure plus, dit la grenouille. Je vais t&rsquo;aider. Mais que me donneras-tu si je te rapporte ton jouet&nbsp;?<br />
&#8211; Ce que tu voudras, chère grenouille, répondit-elle, mes habits, mes perles et mes diamants et même la couronne d&rsquo;or que je porte sur la tête.<br />
&#8211; Je ne veux ni de tes perles, ni de tes diamants, ni de ta couronne. Mais, si tu acceptes de m&rsquo;aimer, si tu me prends comme compagne et camarade de jeux, si je peux m&rsquo;asseoir à ta table à côté de toi, manger dans ton assiette, boire dans ton gobelet et dormir dans ton lit, si tu me promets tout cela, je plongerai au fond de la source et te rendrai ta balle.<br />
&#8211; Mais oui, dit-elle je te promets tout ce que tu veux à condition que tu me retrouves ma balle.</p>
<div class="page" title="Page 1">
<div class="section">
<div class="layoutArea">
<div class="column">
<p>Elle se disait&nbsp;: «&nbsp;Elle vit là, dans l&rsquo;eau avec les siens et coasse. Comment serait-elle la compagne d&rsquo;un être humain&nbsp;?&nbsp;»<br />
Quand la grenouille eut obtenu sa promesse, elle mit la tête sous l&rsquo;eau, plongea et, peu après, réapparut en tenant la balle entre ses lèvres. Elle la jeta sur l&rsquo;herbe. En retrouvant son beau jouet, la fille du roi fut folle de joie. Elle le ramassa et partit en courant.<br />
&#8211; Attends&nbsp;! Attends&nbsp;! cria la grenouille. Emmène-moi&nbsp;! je ne peux pas courir aussi vite que toi&nbsp;!<br />
Mais il ne lui servit à rien de pousser ses «&nbsp;coâ&nbsp;! coâ&nbsp;! coâ&nbsp;!&nbsp;» aussi fort qu&rsquo;elle pouvait</p>
<div class="page" title="Page 2">
<div class="section">
<div class="layoutArea">
<div class="column">
<p>Le lendemain, comme la petite princesse était à table, mangeant dans sa jolie assiette d&rsquo;or, avec le roi et tous les gens de la Cour, on entendit &#8211; plouf&nbsp;! plouf&nbsp;! plouf&nbsp;! plouf&nbsp;! &#8211; quelque chose qui montait l&rsquo;escalier de marbre. Puis on frappa à la porte et une voix dit&nbsp;:<br />
&#8211; Fille du roi, la plus jeune, ouvre moi&nbsp;!<br />
Elle se leva de table pour voir qui était là. Quand elle ouvrit, elle aperçut la grenouille. Elle repoussa bien vite la porte et alla reprendre sa place. Elle avait très peur. Le roi vit que son cœur battait fort et dit&nbsp;:<br />
&#8211; Que crains-tu, mon enfant&nbsp;? Y aurait-il un géant derrière la porte, qui viendrait te chercher&nbsp;?<br />
&#8211; Oh&nbsp;! non, répondit-elle, ce n&rsquo;est pas un géant, mais une vilaine grenouille.<br />
&#8211; Que te veut cette grenouille&nbsp;?<br />
&#8211; Ah&nbsp;! cher père, hier, comme j&rsquo;étais au bord de la fontaine et que je jouais avec ma balle d&rsquo;or, celle-ci tomba dans l&rsquo;eau. Parce que je pleurais bien fort, la grenouille me l&rsquo;a rapportée. Et comme elle me le demandait avec insistance, je lui ai promis qu&rsquo;elle deviendrait ma compagne. Mais je ne pensais pas qu&rsquo;elle sortirait de son eau. Et voilà qu&rsquo;elle est là dehors et veut venir auprès de moi.<br />
Sur ces entrefaites, on frappa une seconde fois à la porte et une voix dit&nbsp;:</p>
<div class="page" title="Page 2">
<div class="section">
<div class="layoutArea">
<div class="column">
<p>Fille du roi, la plus jeune, Ouvre-moi&nbsp;!<br />
Ne sais-tu plus ce qu&rsquo;hier<br />
Au bord de la fontaine fraîche Tu me promis&nbsp;?<br />
Fille du roi, la plus jeune, Ouvre-moi&nbsp;!</p>
<p>Le roi dit alors&nbsp;:<br />
&#8211; Ce que tu as promis, il faut le faire. Va et ouvre&nbsp;!<br />
Elle se leva et ouvrit la porte. La grenouille sautilla dans la salle, toujours sur ses talons, jusqu&rsquo;à sa chaise. Là, elle s&rsquo;arrêta et dit&nbsp;:<br />
&#8211; Prends-moi auprès de toi&nbsp;!</p>
<div class="page" title="Page 2">
<div class="section">
<div class="layoutArea">
<div class="column">
<p>La princesse hésita. Mais le roi lui donna l&rsquo;ordre d&rsquo;obéir. Quand la grenouille fut installée sur la chaise, elle demanda à monter sur la table. Et quand elle y fut, elle dit&nbsp;:<br />
&#8211; Approche ta petite assiette d&rsquo;or, nous allons y manger ensemble.<br />
La princesse fit ce qu&rsquo;on voulait, mais c&rsquo;était malgré tout de mauvais cœur. La grenouille mangea de bon appétit&nbsp;; quant à la princesse, chaque bouchée lui restait au travers de la gorge. À la fin, la grenouille dit&nbsp;:<br />
&#8211; J&rsquo;ai mangé à satiété&nbsp;; maintenant, je suis fatiguée. Conduis-moi dans ta chambrette et prépare ton lit de soie&nbsp;; nous allons dormir.</p>
<p>La fille du roi se mit à pleurer&nbsp;; elle avait peur du contact glacé de la grenouille et n&rsquo;osait pas la toucher. Et maintenant, elle allait dormir dans son joli lit bien propre&nbsp;! Mais le roi se fâcha et dit&nbsp;:</p>
<p>&#8211; Ce que tu as promis, il faut le faire!</p>
<div class="page" title="Page 3">
<div class="section">
<div class="layoutArea">
<div class="column">
<p>Quand elle fut couchée, la grenouille sauta près du lit et dit&nbsp;:<br />
&#8211; Prends-moi, sinon je le dirai à ton père.<br />
La princesse se mit en colère, saisit la grenouille et la projeta de toutes ses forces contre le mur&nbsp;:<br />
&#8211; Comme ça tu dormiras, affreuse grenouille&nbsp;!</p>
<p>Mais quand l&rsquo;animal retomba sur le sol, ce n&rsquo;était plus une grenouille.<br />
Un prince aux beaux yeux pleins d&rsquo;amitié la regardait. Il en fut fait selon la volonté du père de la princesse. Il devint son compagnon aimé et son époux.</p>
<p>Il lui raconta qu&rsquo;une méchante sorcière lui avait jeté un sort et la princesse seule pouvait l&rsquo;en libérer. Le lendemain, ils partiraient tous deux pour son royaume.</p>
<p>Ils s&rsquo;endormirent et, au matin, quand le soleil se leva, on vit arriver une voiture attelée de huit chevaux blancs. Ils avaient de blancs plumets sur la tête et leurs harnais étaient d&rsquo;or. À l&rsquo;arrière se tenait le valet du jeune roi. C&rsquo;était le fidèle Henri. Il avait eu tant de chagrin quand il avait vu son seigneur transformé en grenouille qu&rsquo;il s&rsquo;était fait bander la poitrine de trois cercles de fer pour que son cœur n&rsquo;éclatât pas de douleur. La voiture devait emmener le prince dans son royaume. Le fidèle Henri l&rsquo;y fit monter avec la princesse, et s&rsquo;installa de nouveau à l&rsquo;arrière, tout heureux de voir son maître libéré du mauvais sort. Quand ils eurent roulé pendant quelque temps, le prince entendit des craquements derrière lui, comme si quelque chose se brisait. Il tourna la tête et dit&nbsp;:</p>
<p>&#8211; Henri, est-ce l&rsquo;attelage qui brise ses chaînes&nbsp;?<br />
&#8211; Eh&nbsp;! non, Seigneur, ce n&rsquo;est pas la voiture, Mais de mon cœur l&rsquo;une des ceintures. Car j&rsquo;ai eu tant de peine quand vous étiez dans la fontaine, Transformé en grenouille vilaine&nbsp;!</p>
<p>Par deux fois encore, en cours de route, on entendit des craquements et le prince crut encore que la voiture se brisait. Mais ce n&rsquo;était que les cercles de fer du fidèle Henri, heureux de voir son seigneur délivré.</p>
<p>CONTE DE Grimm.</p>
<p>IMAGE&nbsp;:</p>
<h6 class="page-title" data-product-list="«&nbsp;Le Prince Grenouille et la Jeune Fille&nbsp;», pub. 1874, (illustration) - Walter Crane">«&nbsp;Le Prince Grenouille et la Jeune Fille&nbsp;», pub. 1874, (illustration) &#8211; Walter Crane</h6>
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		<title>La Helle, fée des marais&#160;: conte de l&#8217;Île de Man</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sylvie Ferrandier]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Dec 2023 14:36:23 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La Helle, fée des marais de l'Île de Man, transforme les hommes en poissons. Robin dont le père a été emmené par la fée, se fait aider par Puck le roi des Elfes. Grâce à des objets magiques il délivrera son père et les autres hommes.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: center;">La Helle, fée des marais&nbsp;: conte de l&rsquo;Île de Man</h3>
<p>Entre Angleterre et Irlande, est posée l&rsquo;Île de Man. Et au milieu de cette île, se trouve un marécage habité par une fée maléfique, la Helle. Celle-ci transforme les hommes en poissons et les jette dans son vivier, où ils tournent indéfiniment, indifféremment, sans souvenir et  sans avenir. Comment fait la Helle pour attraper les hommes&nbsp;? Les soirs de brume, elle accroche de petites lumières dans les buissons du marais. Les marcheurs attardés croient voir leur village et rassurés, ils se dirigent vers ces lumignons. Mais bientôt leurs pieds s&rsquo;enfoncent dans la boue, certains y perdent même leurs chaussures, lorsqu&rsquo;ils croient se sortir de là, les longues herbes d&rsquo;eau entourent leurs jambes, les entravent, et les hommes tombent dans l&rsquo;eau boueuse. Certains se noieraient si la fée ne les saisissait pas. Et hop, un poisson de plus dans le vivier&nbsp;!</p>
<p>La Helle a une autre manière d&rsquo;attraper les hommes&nbsp;: les soirs de brouillard elle se poste juste devant les maisons et joue de la flûte, et les hommes sortent et la suivent. Ce soir-là, le bûcheron Budick venait de rentrer chez lui et de retrouver son fils Robin, ils vivaient seuls dans la maison. Avec un soupir d&rsquo;aise le bûcheron, assis jambes tendues,  dos au chaud devant la cheminée s&rsquo;apprêtait à plonger sa cuillère dans la soupe que son fils venait d&rsquo;apporter, lorsque &#8230; un son fragile de flûte dehors, la Helle&nbsp;! Budick se leva et se dirigea vers la porte. Son fils essaya de le retenir, tira sa manche, son bras, cria, mais le père irrémédiablement s&rsquo;en alla, suivant la musique fluette de la fée. Un poisson de plus dans le vivier&nbsp;!</p>
<p>Robin attendit, en vain. Dès le lendemain le jeune garçon alla dans la forêt et devant le plus grand arbre, il appela « Puck, roi des Elfes, Puck mon ami, mon père est parti! ». Un bruissement de feuilles, et Puck parut « Je sais, Robin. Voici comment tu pourras délivrer ton père. Il te faudra ces trois objets&nbsp;: un couteau de fer, une clochette d&rsquo;argent et une branche de chêne couronnée de gui. Mais tu dois attendre jusqu&rsquo; la saint-Jean d&rsquo;été ». Les mois paraissaient longs au garçon, mais il se débrouillait bien et c&rsquo;est en pleine santé qu&rsquo;il arriva à l&rsquo;été. Ce jour-là, le plus long de l&rsquo;année, les gens montaient sur les collines, allumaient des feux, mangeaient et buvaient, riaient et chantaient, sautaient et dansaient. Quelle était belle la nuit la plus courte de l&rsquo;année!</p>
<p>Robin, lui, n&rsquo;alla pas faire la fête, il descendit vers le marais et appela trois fois « Feu follet, feu follet, guides moi vers le vivier » Apparut une flamme qui par les sentiers secs au milieu du marécage, emmena Robin devant le trou d&rsquo;eau où tournaient indéfiniment, indifféremment, les poissons, sans souvenir qu&rsquo;ils avaient été des hommes. « Père&nbsp;! » aucun poisson ne se retourna. Alors Robin prit le couteau et dit par trois fois « Couteau de fer, couteau de fer, brises le maléfice de la Helle » Et il jeta le couteau dans le vivier. Aussitôt l&rsquo;eau s&rsquo;évapora, et les poissons se transformèrent, redevinrent des hommes. Parmi eux, Budick, le père de Robin, et aussi pas mal de voisins qui avaient disparu depuis longtemps. Mais la fée menaçait de les poursuivre, alors le jeune garçon dit par trois fois « Clochette d&rsquo;argent, clochette d&rsquo;argent, attaches-toi à l&rsquo;ombre mauvaise » Alors la clochette se précipita au-dessus de la tête de la Helle, la suivant partout, impossible de s&rsquo;en débarrasser, impossible de l&rsquo;attraper, si bien que la fée s&rsquo;enfuit dans le marécage, entravée par les longues herbes. Le feu follet emmena Robin et les hommes sur le chemin sûr. « Maintenant, j&rsquo;ai à faire, dit Robin, rentrez chez vous ou allez danser, ce sera une surprise pour vos familles! »</p>
<p>Lorsque le garçon fut seul, il prit la branche de chêne couronnée de gui, et dit par trois fois « Je fus graine dans la terre, je fus bois en m&rsquo;élevant, je fus feuillage tremblant au vent, je serai aigle dans les airs » La branche se transforma en un grand aigle qui étendit ses ailes et Robin monta sur son dos. L&rsquo;aigle prenant son envol l&#8217;emmena juste devant sa maison, et au moment où le jeune garçon mettait pied à terre, l&rsquo;aigle se transforma et devint &#8230; Puck le roi des Elfes. « Puck mon ami, c&rsquo;était donc toi, l&rsquo;aigle&nbsp;? » « J&rsquo;étais l&rsquo;aigle, la branche, et beaucoup d&rsquo;autres choses, mais surtout j&rsquo;étais ton courage qui t&rsquo;accompagnait. Robin, tu n&rsquo;as plus besoin de moi maintenant, nous ne nous reverrons plus ». Quant à la Helle, elle a perdu tous ses pouvoirs, elle n&rsquo;est plus qu&rsquo;une légende à raconter.</p><p>L’article <a href="https://www.euroconte.fr/portfolio-items/la-helle-fee-des-marais-conte-de-lile-de-man/">La Helle, fée des marais&nbsp;: conte de l&rsquo;Île de Man</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.euroconte.fr">Euroconte</a>.</p>
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		<title>La belle Eulalie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[maubaret]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 13 Nov 2022 09:33:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La belle Eulalie ou la fille du diable ATU 313</p>
<p>L’article <a href="https://www.euroconte.fr/portfolio-items/la-belle-eulalie/">La belle Eulalie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.euroconte.fr">Euroconte</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div class="fusion-fullwidth fullwidth-box fusion-builder-row-4 fusion-flex-container nonhundred-percent-fullwidth non-hundred-percent-height-scrolling" style="--awb-border-radius-top-left:0px;--awb-border-radius-top-right:0px;--awb-border-radius-bottom-right:0px;--awb-border-radius-bottom-left:0px;--awb-margin-top:0px;--awb-flex-wrap:wrap;" ><div class="fusion-builder-row fusion-row fusion-flex-align-items-flex-start fusion-flex-content-wrap" style="max-width:1456px;margin-left: calc(-4% / 2 );margin-right: calc(-4% / 2 );"><div class="fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-12 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-flex-column" style="--awb-padding-top:20px;--awb-padding-right:40px;--awb-padding-bottom:20px;--awb-padding-left:40px;--awb-overflow:hidden;--awb-bg-color:#d0cfbf;--awb-bg-color-hover:#d0cfbf;--awb-bg-size:cover;--awb-border-color:#7f8291;--awb-border-right:1px;--awb-border-bottom:1px;--awb-border-left:1px;--awb-border-style:solid;--awb-border-radius:0px 0px 10px 10px;--awb-width-large:100%;--awb-margin-top-large:0px;--awb-spacing-right-large:1.92%;--awb-margin-bottom-large:0px;--awb-spacing-left-large:1.92%;--awb-width-medium:100%;--awb-order-medium:0;--awb-spacing-right-medium:1.92%;--awb-spacing-left-medium:1.92%;--awb-width-small:100%;--awb-order-small:0;--awb-spacing-right-small:1.92%;--awb-spacing-left-small:1.92%;"><div class="fusion-column-wrapper fusion-column-has-shadow fusion-flex-justify-content-flex-start fusion-content-layout-column"><div class="fusion-title title fusion-title-4 fusion-title-text fusion-title-size-three" style="--awb-margin-bottom:30px;--awb-sep-color:#dbdbdb;--awb-font-size:20px;"><div class="title-sep-container title-sep-container-left fusion-no-large-visibility fusion-no-medium-visibility fusion-no-small-visibility"><div class="title-sep sep-single sep-solid" style="border-color:#dbdbdb;"></div></div><span class="awb-title-spacer fusion-no-large-visibility fusion-no-medium-visibility fusion-no-small-visibility"></span><h3 class="fusion-title-heading title-heading-left" style="margin:0;font-size:1em;"><p><strong>La Belle Eulalie.<br />
</strong></p></h3><span class="awb-title-spacer"></span><div class="title-sep-container title-sep-container-right"><div class="title-sep sep-single sep-solid" style="border-color:#dbdbdb;"></div></div></div><div class="fusion-text fusion-text-8" style="--awb-font-size:18px;--awb-text-transform:none;"><div class="page" title="Page 1">
<div class="layoutArea">
<div class="column">
<p>LA BELLE EULALIE &#8211; Version nivernaise. ATU 313</p>
<p>Un soldat nommé Jean revient du service son temps fini. Le soir, il arrive à une petite maison. couverte de paille et demande à y passer la nuit. Mais la belle jeune fille qui est venue lui ouvrir lui signale qu&rsquo; son père «&nbsp;mange le monde&nbsp;» et qu&rsquo;il ne peut rester sans danger. Le soldat, très fatigué, est incapable d&rsquo;aller plus loin et insiste, et la jeune fille le cache. Bientôt, arrive «&nbsp;le Vieux&nbsp;» qui est le Diable. «&nbsp;Je sens la chair fraîche, dit-il, il y a ici un chrétien!&nbsp;», et il découvre le militaire qu&rsquo;il déclare vouloir manger le lendemain. Mais le lendemain matin, la fille prie son père de l&rsquo;épargner pour l&rsquo;instant et de lui donner plutôt du travail.</p>
<p>— Eh! bien, dit-il au soldat, je veux qu&rsquo;avant ce soir et sans autre outil que tes mains, les chenets, la barre du feu et la crémaillère soient devenus brillants comme l&rsquo;argent, sinon tu seras mangé demain.</p>
<p>Et il s&rsquo;en va. Mais les objets sont couverts d&rsquo;une épaisse couche de rouille, de suie et de fumée, et le soldat se désespère.</p>
<p>— Si vous voulez me promettre de m&#8217;emmener et de m&rsquo;épouser, je ferai le travail pour vous, lui dit la fille.</p>
<p>Le soldat accepte, et, le soir, elle n&rsquo;a qu&rsquo;à dire&nbsp;: «&nbsp;Par la vertu de ma baguette, que le travail soit fait!&nbsp;» et la crémaillère, les chenets et la barre sont brillants comme argent.</p>
<p>Le Vieux arrive et trouve le travail fait. Mais le lendemain matin, il donne une nouvelle tâche au soldat.</p>
<p>— Il faut qu&rsquo;avant ce soir, tous mes harnais reluisent comme or, ou tu seras mangé.</p>
<p>Cette fois encore, la fille fait le travail comme la veille par la vertu de sa baguette. Le Vieux qui trouve ses harnais brillants comme l&rsquo;or déclare au soldat qu&rsquo;il lui donnera une autre tâche le lendemain. Mais la belle Eulalie, sa fille, déclare au soldat qu&rsquo;il est prudent de s&rsquo;enfuir le plus vite possible et ils décident de partir dans la nuit.</p>
<p>La belle Eulalie fait deux pâtés enchantés qui parlent et doivent répondre à la place des fugitifs, l&rsquo;un pour elle, l&rsquo;autre pour le soldat; et elle les place dans leurs chambres, sur leurs lits. Et les deux jeunes gens se tiennent prêts à partir.</p>
<p>Dans la nuit, la femme du Vieux, qui est plus fine et plus dangereuse que lui, se prend à dire&nbsp;:</p>
<ul>
<li>—  Je rêve, je rêve.</li>
<li>—  De quoi rêves-tu? demande le Vieux.</li>
<li>—  Je rêve que le chrétien va emmener ma fille.</li>
<li>—  Belle Eulalie! appelle le père.</li>
<li>—  Plaît-il? mon père.</li>
</ul>
</div>
</div>
</div>
<div class="page" title="Page 2">
<div class="layoutArea">
<div class="column">
<ul>
<li>—  Mauvais chrétien!</li>
<li>—  Plaît-il? maître.</li>
<li>—  Tu vois qu&rsquo;ils sont couchés, dit-il à sa femme.Mais un moment après, sa femme lui dit encore&nbsp;: «&nbsp;Je rêve, je rêve!&nbsp;», et elle dit rêver que le chrétien est parti avec sa fille. Même dialogue entre le Vieux et sa femme, mêmes appels aux deux jeunes gens, mêmes réponses; mais cette fois, ce sont les pâtés qui répondent à la place des fugitifs. Une troisième fois, la vieille dit rêver que le chrétien est déjà loin avec sa fille (même dialogue, mêmes appels) et les pâtés répondent faiblement, car leurs voix diminuent à mesure que s&rsquo;éloignent les fugitifs, mais le Vieux pense qu&rsquo;ils s&rsquo;endorment. Enfin, quand la femme s&rsquo;éveille encore et demande au Vieux d&rsquo;appeler, aucune voix ne répond, ils cons-tatent que les chambres sont vides.Le Vieux part à cheval, à la poursuite des fugitifs. La belle Eulalie, fuyant en toute hâte avec son compagnon, lui dit&nbsp;:— Mon ami Jean, mon tendre ami,Ne vois-tu rien venir&nbsp;?</li>
</ul>
<ul>
<li>—  Je vois venir un cavalier qui galope, qui galope&#8230;</li>
<li>—  C&rsquo;est mon père. Par la vertu de me baguette, que tu te changes en poire sur un poirier, moi en vieille femme qui veut abattre la poire.Le Vieux arrive et demande à la vieille femme si elle n&rsquo;a pas vu passer un jeune homme et une demoiselle.</li>
</ul>
<p>— Ah! Monsieur, j&rsquo;ai bien de la peine à l&rsquo;abattre, cette poire. Le Vieux n&rsquo;en pouvant rien tirer, retourne chez lui, et déclare à sa femme qui l&rsquo;interroge, n&rsquo;avoir vu qu&rsquo;une vieille femme sous un poirier.</p>
<p>— C&rsquo;étaient eux! lui dit-elle. Et il repart.</p>
<p>Même question de la belle Eulalie à son ami Jean&nbsp;: «&nbsp;Mon ami Jean, etc. u, même réponse, et par la vertu de sa baguette elle change le garçon en jardinier dans son jardin et se change elle- même en rose sur un rosier. Et le jardinier répond à la question du Vieux&nbsp;:</p>
<p>— Je ne vends pas de graine d&rsquo;oignon, je vends de la graine de carotte.</p>
<p>Il revient et, renseigné par sa femme, repart de nouveau, rejoint les fugitifs, la belle Eulalie transformée en chapelle et le garçon en curé, qui, à sa question, répond&nbsp;: «&nbsp;Dominus vobiscum.&nbsp;» Quand le Diable est revenu une troisième fois, sa femme, furieuse, décide de partir à sa place. A la question&nbsp;: «&nbsp;Mon ami Jean, etc.&nbsp;», le garçon répond&nbsp;:</p>
<p>— Je vois une voiture qui vient, qui vole, qui vient, qui vole.</p>
</div>
</div>
</div>
<div class="page" title="Page 3">
<div class="layoutArea">
<div class="column">
<p>Et la belle Eulalie devine que cette fois c&rsquo;est sa mère. Elle change le soldat en étang et elle se change elle-même en canette nageant. La Diablesse arrive au bord de l&rsquo;étang, émiette du pain sur l&rsquo;eau en appelant «&nbsp;Canette! jolie canette.&nbsp;» Et la canette s&rsquo;approche, prend le pain, tandis que la vieille se penche pour la toucher de sa baguette. Mais brusquement, la cane saisit la baguette dans son bec et plonge en l&#8217;emportant. La Diablesse supplie en vain sa fille de la lui rendre et elle doit repartir en gémissant, ayant perdu son pouvoir.</p>
<p>Maintenant, les fugitifs sont hors de danger. Belle Eulalie recommande au jeune homme de ne pas se laisser embrasser lorsqu&rsquo;ils arriveront chez ses parents, sinon il l&rsquo;oublierait. Ils y arrivent, le soldat est accueilli avec joie par sa mère qui veut l&#8217;embrasser, mais il se dérobe; il se met au lit pour se reposer, elle l&#8217;embrasse dès qu&rsquo;il est endo »mi et à son réveil il a tout oublié. Il ne reconnaît pas belle Eulalie qui se retire et se bâtit dans la région un beau château par la vertu de sa baguette.</p>
<p>Trois jeunes gens d&rsquo;un domaine voisin remarquent la belle jeune fille à la fenêtre du château et décident de lui faire la cour à tour de rôle. L&rsquo;aîné se présente le premier et il est si bien reçu qu&rsquo;il demande à passer la nuit au château. La belle y consent, mais elle lui demande de vouloir bien enterrer (couvrir) le feu avant de se coucher. Et dès qu&rsquo;il est à la besogne, elle prend la baguette et dit&nbsp;:</p>
<p>— Je veux que tu l&rsquo;enterres Et le déterres<br />
Et que le jour t&rsquo;y prenne.</p>
<p>Et à peine a-t-il couvert les braises que les cendres s&rsquo;écartent à nouveau, et toute la nuit le garçon doit couvrir les charbons ardents et il se sauve au jour, les doigts à demi grillés.</p>
<p>Ses compagnons lui demandent s&rsquo;il est satisfait, il répond affirmativement et le cadet va à son tour tenter sa chance le deuxième soir. Il est reçu de la même façon., mais au moment de se coucher, la belle Eulalie l&rsquo;envoie fermer les volets, et toute la nuit ils se rouvrent, il doit les refermer sous une pluie battante et au matin il s&rsquo;en va transpercé et transi. Le troisième vient à son tour, va pousser le verrou, doit le manoeuvrer jusqu&rsquo;au jour et repart le poignet demi brisé. Les trois galants se font alors part de leur déconvenue et se concertent pour en tirer vengeance.</p>
<p>Quelques jours après, on annonce le mariage de Jean le soldat avec une jeune fille du pays. Les trois garçons éconduits qui doivent être des noces conseillent au futur d&rsquo;inviter la belle demoiselle du château dont ils espèrent bien se moquer. Elle arrive au repas, belle comme le jour et prend une place restée libre à côté du marié. Elle avait préparé deux pâtés parlants comme elle savait les faire. Elle les met sur la table, et lui seul avec elle peuvent les entendre. L&rsquo;un évoque les souvenirs du passé, l&rsquo;arrivée à la maison du Vieux, les travaux imposés et l&rsquo;aide de la belle Eulalie, la fuite et les dangers courus, et chaque fois il demande à l&rsquo;autre s&rsquo;il se souvient, et l&rsquo;autre répond non; mais quand le premier pâté évoque la promesse de ne pas se laisser embrasser, puis de ne pas oublier, le second répond qu&rsquo;il se souvient.</p>
</div>
</div>
</div>
<div class="page" title="Page 4">
<div class="layoutArea">
<div class="column">
<p>Alors le soldat quitte la table et va trouver sa mère.</p>
<p>— Mère, j&rsquo;avais perdu la clef de mon buffet, j&rsquo;en ai commandé une neuve, mais je retrouve l&rsquo;ancienne, laquelle dois-je prendre?</p>
<ul>
<li>—  La première, puisque tu la connais.</li>
<li>—  Eh! bien, mère, j&rsquo;avais promis le mariage à cette demoiselle qui m&rsquo;a sauvé la vie. Je l&rsquo;avais perdue, je la retrouve. C&rsquo;est donc elle que je prends.Et il épouse la belle Eulalie. La noce dure toute une semaine, tant qu&rsquo;on trouve des vivres dans le pays. Il y a six vielles et six musettes.Tout l&rsquo; mond&rsquo; dansa, grands et petits Jusqu&rsquo;à la mère Bardichon<br />
Qui sautait comme un cabri<br />
Avec ses quatre-vingt-cinq ans.Conté à Achille Millien vers 1883 par Marie Moreau, femme Balet, dite la mère Belette, née à Prémery (Nièvre) en 1857 et résidant à Beaumont-la-Ferrière. Publié sans indication d&rsquo;origine dans le journal Paris-Centre, n° du 22 mars igog. Reproduit avec quelques retouches dans&nbsp;: Delarue (Paul), L&rsquo;amour des trois oranges et autres contes folkloriques, Paris, 1947, pp. 48-58.</li>
</ul>
</div>
</div>
</div>
<p><em> </em></p>
</div></div></div><div class="fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-13 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-flex-column" style="--awb-padding-left:30px;--awb-bg-size:cover;--awb-width-large:100%;--awb-margin-top-large:50px;--awb-spacing-right-large:1.92%;--awb-margin-bottom-large:20px;--awb-spacing-left-large:1.92%;--awb-width-medium:100%;--awb-order-medium:0;--awb-spacing-right-medium:1.92%;--awb-spacing-left-medium:1.92%;--awb-width-small:100%;--awb-order-small:0;--awb-spacing-right-small:1.92%;--awb-spacing-left-small:1.92%;"><div class="fusion-column-wrapper fusion-column-has-shadow fusion-flex-justify-content-flex-start fusion-content-layout-column"><div class="fusion-text fusion-text-9" style="--awb-font-size:14px;--awb-text-transform:none;"><p><strong>Notes&nbsp;:</strong></p>
<p><em>Légende racontée par<br />
</em>Source&nbsp;: <i><b>Le Conte populaire français. Catalogue raisonné des versions de France et des pays de langue française d&rsquo;outre-mer</b></i></p>
</div></div></div><div class="fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-14 fusion_builder_column_1_4 1_4 fusion-flex-column" style="--awb-bg-size:cover;--awb-width-large:25%;--awb-margin-top-large:0px;--awb-spacing-right-large:7.68%;--awb-margin-bottom-large:20px;--awb-spacing-left-large:7.68%;--awb-width-medium:25%;--awb-order-medium:0;--awb-spacing-right-medium:7.68%;--awb-spacing-left-medium:7.68%;--awb-width-small:100%;--awb-order-small:0;--awb-spacing-right-small:1.92%;--awb-spacing-left-small:1.92%;"><div class="fusion-column-wrapper fusion-column-has-shadow fusion-flex-justify-content-flex-start fusion-content-layout-column"><div ><a class="fusion-button button-flat fusion-button-default-size button-default fusion-button-default button-7 fusion-button-span-yes fusion-button-default-type" target="_self" href="#" data-toggle="modal" data-target=".fusion-modal.ATU"><i class="fa-folder-open fas button-icon-left" aria-hidden="true"></i><span class="fusion-button-text">Classification</span></a></div><div class="fusion-modal modal fade modal-4 ATU" tabindex="-1" role="dialog" aria-labelledby="modal-heading-4" aria-hidden="true" style="--awb-border-color:#e2e2e2;--awb-background:#ffffff;"><div class="modal-dialog modal-sm" role="document"><div class="modal-content fusion-modal-content"><div class="modal-header"><button class="close" type="button" data-dismiss="modal" aria-hidden="true" aria-label="Close">&times;</button><h3 class="modal-title" id="modal-heading-4" data-dismiss="modal" aria-hidden="true">Classifications</h3></div><div class="modal-body fusion-clearfix">
<p style="text-align: center;">ATU 313</p>
</div><div class="modal-footer"><button class="fusion-button button-default button-medium button default medium" type="button" data-dismiss="modal">Close</button></div></div></div></div></div></div><div class="fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-15 fusion_builder_column_1_4 1_4 fusion-flex-column" style="--awb-bg-size:cover;--awb-width-large:25%;--awb-margin-top-large:0px;--awb-spacing-right-large:7.68%;--awb-margin-bottom-large:20px;--awb-spacing-left-large:7.68%;--awb-width-medium:25%;--awb-order-medium:0;--awb-spacing-right-medium:7.68%;--awb-spacing-left-medium:7.68%;--awb-width-small:100%;--awb-order-small:0;--awb-spacing-right-small:1.92%;--awb-spacing-left-small:1.92%;"><div class="fusion-column-wrapper fusion-column-has-shadow fusion-flex-justify-content-flex-start fusion-content-layout-column"><div ><a class="fusion-button button-flat fusion-button-default-size button-default fusion-button-default button-8 fusion-button-span-yes fusion-button-default-type" target="_self" href="https://www.euroconte.fr/ancrages-cultures-et-peuples/"><i class="fa-globe-europe fas button-icon-left" aria-hidden="true"></i><span class="fusion-button-text">Carte Monde</span></a></div></div></div></div></div><p>L’article <a href="https://www.euroconte.fr/portfolio-items/la-belle-eulalie/">La belle Eulalie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.euroconte.fr">Euroconte</a>.</p>
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		<title>La Femme du Capitaine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[maubaret]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Feb 2022 14:58:22 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Une femme, mère de sept garçons, devient grosse. L'aîné dit :</p>
<p>- Frères, je ne reste plus ici.<br />
- Nous partirons avec toi, répondent les autres, et tous s'en vont travailler comme fendeurs dans le bois.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div class="fusion-fullwidth fullwidth-box fusion-builder-row-5 fusion-flex-container nonhundred-percent-fullwidth non-hundred-percent-height-scrolling" style="--awb-border-radius-top-left:0px;--awb-border-radius-top-right:0px;--awb-border-radius-bottom-right:0px;--awb-border-radius-bottom-left:0px;--awb-margin-top:0px;--awb-flex-wrap:wrap;" ><div class="fusion-builder-row fusion-row fusion-flex-align-items-flex-start fusion-flex-content-wrap" style="max-width:1456px;margin-left: calc(-4% / 2 );margin-right: calc(-4% / 2 );"><div class="fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-16 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-flex-column" style="--awb-padding-top:20px;--awb-padding-right:40px;--awb-padding-bottom:20px;--awb-padding-left:40px;--awb-overflow:hidden;--awb-bg-color:#d0cfbf;--awb-bg-color-hover:#d0cfbf;--awb-bg-size:cover;--awb-border-color:#7f8291;--awb-border-right:1px;--awb-border-bottom:1px;--awb-border-left:1px;--awb-border-style:solid;--awb-border-radius:0px 0px 10px 10px;--awb-width-large:100%;--awb-margin-top-large:0px;--awb-spacing-right-large:1.92%;--awb-margin-bottom-large:0px;--awb-spacing-left-large:1.92%;--awb-width-medium:100%;--awb-order-medium:0;--awb-spacing-right-medium:1.92%;--awb-spacing-left-medium:1.92%;--awb-width-small:100%;--awb-order-small:0;--awb-spacing-right-small:1.92%;--awb-spacing-left-small:1.92%;"><div class="fusion-column-wrapper fusion-column-has-shadow fusion-flex-justify-content-flex-start fusion-content-layout-column"><div class="fusion-title title fusion-title-5 fusion-title-text fusion-title-size-three" style="--awb-margin-bottom:30px;--awb-sep-color:#dbdbdb;--awb-font-size:20px;"><div class="title-sep-container title-sep-container-left fusion-no-large-visibility fusion-no-medium-visibility fusion-no-small-visibility"><div class="title-sep sep-single sep-solid" style="border-color:#dbdbdb;"></div></div><span class="awb-title-spacer fusion-no-large-visibility fusion-no-medium-visibility fusion-no-small-visibility"></span><h3 class="fusion-title-heading title-heading-left" style="margin:0;font-size:1em;">Conte merveilleux. <strong>La Femme du Capitaine  </strong>&#8211; AT 451</h3><span class="awb-title-spacer"></span><div class="title-sep-container title-sep-container-right"><div class="title-sep sep-single sep-solid" style="border-color:#dbdbdb;"></div></div></div><div class="fusion-text fusion-text-10" style="--awb-font-size:18px;--awb-text-transform:none;"><p>Une femme, mère de sept garçons, devient grosse. L&rsquo;aîné dit&nbsp;:</p>
<p>&#8211; Frères, je ne reste plus ici.<br />
&#8211; Nous partirons avec toi, répondent les autres, et tous s&rsquo;en vont travailler comme fendeurs dans le bois.</p>
<p>La mère accoucha d&rsquo;une fille. À six ans, elle gardait les oies le long des chemins. Un jour une grosse corneille qui volait au-dessus d&rsquo;elle s&rsquo;abattit sur sa tête, prit son bonnet et l&#8217;emporta.<br />
La petite la suivit en criant, entra dans la forêt et après une assez longue marche arriva devant une grande loge, sur le faîte de laquelle la corneille posa le bonnet.</p>
<p>Voici la fillette bien désolée. Le jour baissait&nbsp;: que devenir&nbsp;?</p>
<p>Elle entra dans la loge, ne vit personne et se cacha dans un coin.<br />
Quelques instants après un jeune homme entra, mit une marmite sur le feu, coupa du pain dans sept écuelles et y trempa la soupe. Puis il sortit.</p>
<p>Aussitôt la petite, mourant de faim, courut prendre une écuelle. En un clin d&rsquo;oeil elle avait mangé la soupe et s&rsquo;était cachée. Tout aussitôt le jeune homme arriva avec six autres et chacun prit son écuelle et sa cuillère.</p>
<p>&#8211; Et moi, dit l&rsquo;un d&rsquo;eux, où est ma part&nbsp;? mon écuelle est vide.<br />
&#8211; Je suis sûr de te l&rsquo;avoir remplie. Je vais te refaire de la soupe.</p>
<p>Le lendemain et le jour suivant, le même fait se reproduisit.</p>
<p>&#8211; Il y a un voleur ici, dirent les frères.<br />
&#8211; Soyez tranquilles, reprit celui dont c&rsquo;était le tour de faire la soupe, je l&rsquo;épierai et il ne m&rsquo;échappera pas.</p>
<p>Et il se défia tellement qu&rsquo;il surprit la petite fille au moment où elle saisissait une écuelle.</p>
<p>&#8211; Ah&nbsp;! je tiens le voleur&nbsp;!</p>
<p>&#8211; Je vous en prie, ne dites rien. Je suis une malheureuse égarée.<br />
&#8211; D&rsquo;où viens-tu&nbsp;? Quel est ton nom&nbsp;?<br />
Il fut bien étonné quand elle se fut fait connaître.<br />
&#8211; N&rsquo;as-tu ni frère, ni sœur&nbsp;?<br />
&#8211; Les voisines qui lavaient la buie disaient que j&rsquo;avais des frères partis à cause de moi.<br />
&#8211; Bien&nbsp;! Mange et cache toi.</p>
<p>Il trempa une nouvelle part de soupe et s&rsquo;en fut trouver ses frères.<br />
&#8211; La soupe est prête&#8230; ah&nbsp;! si nous avions une femme avec nous pour nous la faire, notre soeur par exemple.</p>
<p>&#8211; C&rsquo;est bien vrai, elle nous rendrait bien service.<br />
&#8211; Eh bien&nbsp;! venez, j&rsquo;ai pris le voleur, et c&rsquo;est elle, notre soeur.</p>
<p>Ils restèrent stupéfaits. Et quand ils virent cette petite fille, gentille comme un coeur, tous se réjouirent de ce bon hasard.</p>
<p>&#8211; Tu vas rester avec nous, nous t&rsquo;achèterons un rouet, de la filasse, tu seras heureuse. Veille surtout à ce que ton feu ne s&rsquo;éteigne jamais&nbsp;: tu serais obligée d&rsquo;aller en chercher chez le Bouhu.</p>
<p>La petite fille, enchantée d&rsquo;avoir trouvé ses frères, grandissait en travaillant. Mais voilà qu&rsquo;un jour elle trouva son feu mort. Il n&rsquo;y a pas hésiter, à tout risque il faut aller chez le Bouhu.</p>
<p>Elle part, frappe à la porte&nbsp;:</p>
<p>&#8211; Qui est là&nbsp;?<br />
&#8211; Je voudrais du feu.<br />
&#8211; Tu en auras si tu passes ton doigt par la chatonnière, pour que je le suce. Et cela tous les matins.</p>
<p>Il fallut bien accepter. Mais il en résulta que la jeune fille dépérit très vite et que ses frères lui demandèrent un jour la cause de ce changement.<br />
Etait-ce l&rsquo;ennui&nbsp;?</p>
<p>&#8211; Non, le temps ne me dure pas avec vous.<br />
&#8211; N&rsquo;aurais-tu pas demandé du feu&nbsp;?<br />
&#8211; Oui.</p>
<p>Elle avoua tout.<br />
Eh bien, dit l&rsquo;un des frères, demain matin je t&rsquo;accompagnerai, avec ma grand&rsquo;cognée. Tu diras au Bouhu de tendre le cou à cause de ton doigt qui s&rsquo;est rétréci, et je serai là.</p>
<p>Le lendemain le Bouhu avait la tête tranchée d&rsquo;un coup de cognée. La petite l&#8217;emporta dans son devantier et l&rsquo;enfouit dans le jardin que ses frères avaient établi devant la loge.</p>
<p>Sur cette fosse ils virent naître une belle verdure qui ne tarda pas à porter des fleurs, plus belles et plus odorantes que des roses.</p>
<p>Comme la jeune fille faisait la lessive, elle eut l&rsquo;idée d&rsquo;y mettre une touffe de ces fleurs pour donner une bonne odeur au linge.</p>
<p>Hélas&nbsp;! ce linge fut empoisonné et, à son contact, les sept frères se trouvèrent changés en sept boeufs blancs qui s&rsquo;enfuirent en bramant à travers la forêt.</p>
<p>Seule, désolée, désespérée, leur soeur, abandonnant tout, se mit à leur recherche. N&rsquo;en pouvant plus de fatigue, elle se reposait en pleurant au bord d&rsquo;un chemin quand vint à passer un jeune capitaine.</p>
<p>&#8211; Qu&rsquo;avez-vous donc à pleurer&nbsp;? lui dit-il, la voyant si jolie et si triste.</p>
<p>Elle ne put s&#8217;empêcher de lui raconter son malheur.</p>
<p>&#8211; Qu&rsquo;allez-vous faire ici&nbsp;?&#8230; Venez avec moi, je vous conduirai chez ma mère en attendant. Elle n&rsquo;avait pas le courage de résister&nbsp;; elle le suivit.</p>
<p>De jour en jour le capitaine se sentait prendre d&rsquo;amour pour cette étrangère. Et il finit par lui proposer de l&rsquo;épouser.</p>
<p>La mère ne l&rsquo;avait pas vue d&rsquo;un bon oeil entrer dans la maison&nbsp;: elle s&rsquo;opposa tant qu&rsquo;elle put aux dispositions de son fils, mais le mariage se fit.</p>
<p>Au bout de quelques mois le capitaine fut rappelé à l&rsquo;armée.<br />
Il confia à sa mère sa jeune femme enceinte. Les couches faites, la mère écrivit à son fils&nbsp;:</p>
<p>&#8211; Grand malheur&nbsp;! ta femme est accouchée d&rsquo;un chien.</p>
<p>Ce n&rsquo;était pas un chien mais un beau garçon qu&rsquo;elle avait mis au monde et que la méchante mère avait jeté dans un puits.</p>
<p>Le capitaine revint peu après. Bien peiné il repartit, laissant sa femme grosse encore.</p>
<p>Et il en fut de même aux secondes couches.</p>
<p>Un garçon naquit, fut jeté dans le puits et la mère fit savoir à son fils que la jeune femme était accouchée cette fois d&rsquo;un renard.</p>
<p>Quand le capitaine revint, il ne put s&#8217;empêcher de manifester quelque mauvaise humeur.</p>
<p>Si tu accouches encore d&rsquo;une bête, dit-il en repartant à sa femme, je serai obligé de te faire pendre par le bourreau.</p>
<p>La pauvre femme sentait bien peser sur elle la haine de sa belle-mère.</p>
<p>Qu&rsquo;elle eût mis au monde des animaux, elle ne pouvait le croire. C&rsquo;étaient bien des enfants, mais qu&rsquo;étaient-ils devenus&nbsp;?</p>
<p>Et voici que pour la troisième fois, le capitaine apprit que sa femme était accouchée d&rsquo;un lièvre.</p>
<p>L&rsquo;enfant était allé rejoindre ses frères dans le puits.</p>
<p>Cette fois le capitaine, pris de dégoût et d&rsquo;horreur pour sa femme, arriva avec le bourreau et la condamna à être pendue.</p>
<p>Comme elle montait à l&rsquo;échafaud, elle supplia le bourreau de lui laisser dire quelques mots. Elle chantait drôlement&nbsp;:</p>
<p>&#8211; Revenez, revenez, mes sept frères, mes trois beaux fils. Sans vous je vais perdre la vie.</p>
<p>A peine eut-elle fini que sur le chemin on vit s&rsquo;avancer sept robustes garçons, armés chacun d&rsquo;une cognée&nbsp;:</p>
<p>&#8211; Que se passe-t-il donc ici&nbsp;? disaient-ils.</p>
<p>Et sur leurs pas venaient une belle dame blanche, la Sainte Vierge, tenant un bel enfant dans ses bras, pendant que deux autres petits garçons la suivaient.</p>
<p>&#8211; Capitaine, dit-elle, voici vos trois bêtes.<br />
Et tout fut révélé</p>
<p>C&rsquo;est la misérable mère qui fut pendue.</p>
<p>Ms MILLIEN-DELARUE, Nivernais,</p>
<p><em> </em></p>
</div></div></div><div class="fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-17 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-flex-column" style="--awb-padding-left:30px;--awb-bg-size:cover;--awb-width-large:100%;--awb-margin-top-large:50px;--awb-spacing-right-large:1.92%;--awb-margin-bottom-large:20px;--awb-spacing-left-large:1.92%;--awb-width-medium:100%;--awb-order-medium:0;--awb-spacing-right-medium:1.92%;--awb-spacing-left-medium:1.92%;--awb-width-small:100%;--awb-order-small:0;--awb-spacing-right-small:1.92%;--awb-spacing-left-small:1.92%;"><div class="fusion-column-wrapper fusion-column-has-shadow fusion-flex-justify-content-flex-start fusion-content-layout-column"><div class="fusion-text fusion-text-11" style="--awb-font-size:14px;--awb-text-transform:none;"><p><strong>Source&nbsp;: </strong>Version nivernaise du conte-type 451 de la classification Aarne-Thomson , »La petite fille qui cherche ses frères  » ( The Maiden vho Seekes Her Brothers ). Collectée par Achille Millien (1858-1927) au cours de son vaste travail de recueil de récits traditionnels dans le Nivernais et le Morvan, transcrit  par P. Delarue à partir des manuscrits qu&rsquo;Achille Millien lui avait confié, publiée en 1953, in <em>« Contes populaires du Nivernais et du Morvan »,</em> dans sa collection  de « <em>Contes merveilleux des provinces de France »,</em> et reproduite dans « Le Conte Populaire Français », P.Delarue et M.L. Ténèze, G.P. Maisonneuve et Larose, Paris 1964, Tome 2.</p>
<p><strong>Notes&nbsp;:  </strong>Une autre version, collectée par Achille Millien en 1813,  figure , sous le titre « Les 7 Frères », dans le corpus de quatre-vingt « <em>Contes inédits du Nivernais et du Morvan « ,</em> Editions Corti, Paris 2015, Collection Merveilleux, préfacé par Nicole Belmont, édition établie par Jacques Branchu qui a poursuivi le travail de transcription et de classement des manuscrits conservés aux Archives départementales de la Nièvre.<strong><br />
</strong></p>
<p>Dans cette version, les 7 frères ne retrouvent pas leur forme humaine et elle se termine par leur disparition dans la cheminée.</p>
</div></div></div><div class="fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-18 fusion_builder_column_1_4 1_4 fusion-flex-column" style="--awb-bg-size:cover;--awb-width-large:25%;--awb-margin-top-large:0px;--awb-spacing-right-large:7.68%;--awb-margin-bottom-large:20px;--awb-spacing-left-large:7.68%;--awb-width-medium:25%;--awb-order-medium:0;--awb-spacing-right-medium:7.68%;--awb-spacing-left-medium:7.68%;--awb-width-small:100%;--awb-order-small:0;--awb-spacing-right-small:1.92%;--awb-spacing-left-small:1.92%;"><div class="fusion-column-wrapper fusion-column-has-shadow fusion-flex-justify-content-flex-start fusion-content-layout-column"><div ><a class="fusion-button button-flat fusion-button-default-size button-default fusion-button-default button-9 fusion-button-span-yes fusion-button-default-type" target="_self" title="ATU 451" aria-label="ATU 451" href="#" data-toggle="modal" data-target=".fusion-modal.ATU"><i class="fa-folder-open fas button-icon-left" aria-hidden="true"></i><span class="fusion-button-text">Classification</span></a></div><div class="fusion-modal modal fade modal-5 ATU 451" tabindex="-1" role="dialog" aria-labelledby="modal-heading-5" aria-hidden="true" style="--awb-border-color:#e2e2e2;--awb-background:#ffffff;"><div class="modal-dialog modal-sm" role="document"><div class="modal-content fusion-modal-content"><div class="modal-header"><button class="close" type="button" data-dismiss="modal" aria-hidden="true" aria-label="Close">&times;</button><h3 class="modal-title" id="modal-heading-5" data-dismiss="modal" aria-hidden="true">Classifications</h3></div><div class="modal-body fusion-clearfix">
<p style="text-align: center;">ATU 451</p>
</div><div class="modal-footer"><button class="fusion-button button-default button-medium button default medium" type="button" data-dismiss="modal">Close</button></div></div></div></div></div></div><div class="fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-19 fusion_builder_column_1_4 1_4 fusion-flex-column" style="--awb-bg-size:cover;--awb-width-large:25%;--awb-margin-top-large:0px;--awb-spacing-right-large:7.68%;--awb-margin-bottom-large:20px;--awb-spacing-left-large:7.68%;--awb-width-medium:25%;--awb-order-medium:0;--awb-spacing-right-medium:7.68%;--awb-spacing-left-medium:7.68%;--awb-width-small:100%;--awb-order-small:0;--awb-spacing-right-small:1.92%;--awb-spacing-left-small:1.92%;"><div class="fusion-column-wrapper fusion-column-has-shadow fusion-flex-justify-content-flex-start fusion-content-layout-column"><div ><a class="fusion-button button-flat fusion-button-default-size button-default fusion-button-default button-10 fusion-button-span-yes fusion-button-default-type" target="_self" href="https://www.euroconte.fr/ancrages-cultures-et-peuples/"><i class="fa-globe-europe fas button-icon-left" aria-hidden="true"></i><span class="fusion-button-text">Carte Monde</span></a></div></div></div></div></div><p>L’article <a href="https://www.euroconte.fr/portfolio-items/la-femme-du-capitaine/">La Femme du Capitaine</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.euroconte.fr">Euroconte</a>.</p>
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